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D'un côté Ségolène Royal toujours de blanc vêtue, de l'autre Angela Merkel, toujours discrète. Est-on femme politique de la même façon de part et d'autre du Rhin? Pour Angelica Schwall-Düren, députée au Bundestag depuis 1994, être "féminine" en politique ne se résume pas à l’apparence Le blanc, couleur arborée par la candidate socialiste dans la plupart de ses meetings politiques. (Photo. Désirs d’avenir.com, site officiel de campagne de Ségolène Royal)
LPJ : La campagne de Ségolène Royal joue beaucoup sur la séduction, l’apparence et la critique du machisme en politique. Madame Merkel a utilisé d'autres arguments. Comment expliquez-vous ces différences ? Angelica Schwall-Düren : Je crois que c’est une question de caractère. Angela Merkel n’est pas du genre à s’habiller en tailleur rose, c’est une question de goût, voilà tout ! Je ne crois pas que le fait d’être une femme implique une voie uniforme d’apparaître publiquement. Nos ministres femmes allemandes sont toutes différentes, et je trouve cela très sain. Nous avons même une ancienne miss Germany ! LPJ : Pensez-vous qu’Angela Merkel est "féminine" dans sa manière de gouverner ? A S-D : On peut peut-être trouver Angela Merkel peu féminine dans un sens classique. Mais il y a d’autres traits de caractère féminins. Et d’ailleurs, on a dit en décembre 2005 qu’Angela Merkel avait obtenu un accord sur le budget européen parce qu’elle est une femme. C’est sans doute grâce à un style de gestion qui lui est propre, et que je pense féminin : écouter attentivement, pour en tirer les conséquences appropriées. LPJ : Selon vous, Madame Merkel a-t-elle souffert de machisme pendant sa campagne électorale? A S-D : Oui, on a montré par exemple pendant la campagne des photos abominables et calomnieuses de Madame Merkel, y compris d’ailleurs dans les médias européens. Je ne pense pas que l’on se serait permis un tel niveau avec un homme. Je dois vous avouer que j’ai été très étonnée qu’elle ait réussi à s’imposer au sein du parti chrétien-démocrate (CDU), qui est un parti conservateur, notamment dans ses conceptions familiales. Sans parler d’ailleurs de l’aile bavaroise, le CSU, qui est connu pour être très traditionaliste… LPJ : Est-elle toujours stigmatisée en tant que femme ? A S-D : Je pense qu’une fois les premiers étonnements ou bougonnements passés, elle a su montrer à ses adversaires masculins qu’elle était à la hauteur. Bien sûr, vous trouverez toujours dans les médias des caricatures la montrant dans une cuisine ou chez le coiffeur, mais je crois que les électeurs et les électrices savent la juger pour ses prises de positions et ses actions politiques et non pour sa coiffure ou la couleur de son tailleur… Propos recueillis par Cécile BOUTELET. (www.lepetitjournal.com - Berlin) – mardi 20 février 2007. Angelica Schwall-Düren est vice-présidente du groupe parlementaire SPD au Bundestag, chargée des affaires européennes. Le groupe SPD au Bundestag est composé de 36% de femmes, obtenu notamment grâce à une politique de quotas mise en place par le SPD. L’Assemblée nationale en France ne compte que 12% de femmes, malgré la loi sur la parité votée en 2000.
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