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Trois ans après les attentats du 11 mars qui ont plongé l’Espagne dans l’effroi, le pays part en quête de vérité sur l’identité des instigateurs avec l’ouverture du plus grand procès d’Europe. Sur les blogs et dans les colonnes des journaux, la théorie de la conspiration orchestrée par le PP est sur toutes les bouches. Les médias auront leur part à jouer pour démêler ce nœud gordien
Vendredi dernier, bon nombre de journaux annonçaient "Le jugement de l'année"
Le procès des accusés des attentats du 11 mars qui vient de s’ouvrir au Tribunal national de Madrid, est à la hauteur de ce que les journaux titraient comme "le plus grand attentat qu’est connue l’Espagne" (El Tibuna, du 15 février). 650 témoins, 98 experts, 400 journalistes sont venus de 160 rédactions du monde entier pour participer à ce procès historique dont les peines vont jusqu’à 38.667 ans d’emprisonnement. Un procès d’envergure qui devrait durer 6 mois et qui fait, en ce moment, la une de tous les médias. Un des fils du nœud gordien que ce procès devrait tenter de dénouer est la théorie de la conspiration orchestrée par le PP et son chef de file: José Maria Aznar, alors chef du gouvernement. On se souvient que dès le lendemain des attentats, il avait affilié le dynamitage des trains à l’organisation terroriste basque ETA. Pilar Manjon, présidente de l’association 11-M victimes du terrorisme, déclarait aux caméras de télévision ce jeudi 15 février, qu’"aujourd’hui il n’y a plus aucun doute concernant la non implication d’ETA". Les colonnes des journaux sont également sans équivoque sur ce point.
Les médias: partie intégrante du processus démocratique Trois ans après ces attentats qui ont coûté la vie à 191 personnes, et fait près de 2.000 blessés, bon nombre d’Espagnols, comme le souligne La Vanguardia, affirme ne pas connaître la vérité sur ces initiateurs. Le procès en cours, ainsi que les initiatives parlementaires pour déterminer la responsabilité du PP, participent à ce processus d’éclaircissement. La forte présence des médias, qui ont envahi les couloirs du Tribunal suprême, participe aussi à ce processus démocratique. Les centaines de journalistes sont présents pour recueillir les images filmées par les 5 caméras dispersées dans la salle d’audience. Des programmes spéciaux sont prévus sur toutes les chaînes espagnoles. Antenne 3 retransmet des extraits du procès et des reconstitutions des attentats. Télécinco prévoit "un Regard critique" sur les événements et des tables rondes. La chaîne publique TVE, pour sa part, retransmettra en continu le jugement à travers le canal TDT. Encadrés par un réalisateur sous tutelle du Tribunal, les médias participeront donc activement "au droit sacré que possède chaque société démocratique à connaître la vérité", comme le déclarait à El Pais, G. Aristegin, député du PP. Sarah ROBLOT. (www.lepetitjournal.com – Barcelone) lundi 19 février 2007
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