| Ecrit par BUDAPEST,
le 19-02-2007 00:00
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Après les diverses manifestations qui ont marqué le cinquantième anniversaire de la révolution hongroise, il est bon de lire le premier roman de deux Hongrois nous racontant, chacun à sa manière, le retour par des voies différentes au pays de leurs ancêtres  Viviane Chocas, née à Paris en 1962 de parents arrivés de Budapest en 1956, est journaliste. Elle nous enseigne avec Bazar magyar la façon de remonter à ses origines par les préparations culinaires traditionnelles. Klara l’héroïne, ne sait rien du pays natal que ses parents, Zsuzsa et Péter, ont quitté en 1956, ils ne l’évoquent jamais et ne parlent qu’en français. Seule la cuisine de sa mère lui permet de se faire une idée du pays et de vouloir en savoir davantage et c’est à partir de là qu’elle le découvrira vraiment. Les titres des chapitres sont éloquents: l’épicerie, les beignets d’abricot, le biscuit roulé, le chou farci, le salami et le Tokay, la galuska, bazar magyar, le vin blanc, méli-mélo de crêpes et de noix et chacun renvoie aux étapes de cette découverte. Par les saveurs elle aborde peu à peu la langue, le pays, les habitants, sa famille hongroise, elle assiste même à la chute du communisme sur la place du Parlement le 23 octobre 1989 et nous la suivons avec plaisir dans ce voyage quelque peu initiatique. Une certaine Europe centrale à jamais disparue
Né en 1930 à Budapest dans une famille de la bourgeoisie juive aisée, André Lorant y revient en 1997 pour la première fois depuis 1956 et revoit avec quelque recul tous les lieux qui ont jalonné sa jeunesse et même certains survivants. A son retour à Paris il sera submergé par une émotion qui le poussera à prendre la plume. Le Perroquet de Budapest est le récit de son enfance, de ses souvenirs et ses sentiments examinés à la lumière de la psychanalyse. En quelque sorte un roman autobiographique où l’auteur laisse deviner sa relation complexe avec la Hongrie "plus marâtre que mère". Amour et haine à l’égard d’un pays natal qui l’a obligé à l’exil après lui avoir infligé humiliations et spoliations diverses. Même si la famille Löwenstein avait magyarisé son patronyme en Lorant et s’était convertie au catholicisme, elle n’en demeurait pas moins en butte à l’antisémitisme viscéral ambiant, et c’est comme ennemie de la classe ouvrière qu’elle a été traquée. Le récit est brillant, le style parfait dans une langue française que beaucoup de locuteurs natifs devraient imiter… André Lorant, professeur émérite à l'université de Paris XII où il a enseigné la littérature comparée, est d’ailleurs l’un des meilleurs spécialistes de Balzac. Colette Dehalle (www.lepetitjournal.com – Budapest) lundi 19 février 2007 Bazar magyar de Viviane Chocas, éditions d’Héloïse d’Ormesson, 2006 Le perroquet de Budapest : une enfance revisitée d’André Lorant, chez Viviane Hamy, première édition 2002, réédité en 2006
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