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Ce soir, commencent les défilés du carnaval paulista. Samedi et dimanche, les Chinois du monde entier célèbrent la nouvelle année. Le quartier de Liberdade, enclave asiatique au cœur de l’Amérique du Sud, compose avec les deux cultures. Le cœur balance mais ne chavire pas
Un pont au-dessus de la Radia à Liberdade - Photo LPJ Le quartier de Liberdade est connu comme le quartier japonais, fondé il y a 100 ans lors de la grande vague d’immigration nippone. Il accueille aujourd’hui la plus grande colonie japonaise. L’immigration chinoise, bien que difficile à estimer, est très nombreuse, voire équivalente. En tout, 200.000 Asiatiques coexistent, comprenant aussi des Coréens. Les Chinois ont afflué dans les années 1950, et de nouveau il y a une vingtaine d’années. La plupart tiennent les commerces et les restaurants. Ceux issus de la première génération, comprennent à peine le portugais. L’entrée dans la nouvelle année du cochon de feu (qui n’a rien à voir avec le jambon doré dont la recette était récemment présentée) est un événement majeur pour la communauté chinoise. Calé sur un calendrier lunaire et solaire, le 17 février marquera le dernier jour de l’année 4704. Avec la Chine situé à son antipode, Liberdade trace un anneau autour de la terre: la promesse d’une alliance ? Le Brésil et la Chine se sont jurés soutien mutuel pour leur prospérité économique.
Spécialités à déguster : brésiliennes ou asiatiques ? - Photo LPJ
Promenade sur une terre de contraste On pousse la porte d’une buvette pour demander comment s’annonce la fête. Dans une conversation qui ressemble à celle entre un sourd et un muet, le patron nous convainc de laisser tomber, la fête est finie... Arrivée il y a 25 ans, Maggie tient une boutique d’objets de porcelaine et autres chinoiseries. Elle explique : «Dans le quartier, le nouvel an a été célébré une semaine en avance, les 10 et 11 février, de façon à ne pas tomber en même temps que les défilés du Carnaval.» Stupeur. «Mais à la maison, ce sera ce week-end bien sûr.» nous rassure-t-elle. La mairie, en accord avec la communauté chinoise, a avancé les dates des festivités. Spectacles, défilés de dragon, démonstrations d’arts martiaux étaient au programme sur la praça da Liberdade le week-end dernier. Non, il n’y a pas de décalage d’heures transformé en jours, ni de faille dans l’espace-temps. São Paulo donne le droit à tous les citoyens de défiler avec son école de Samba, quelque soit sa couleur ou sa religion. Pas de choix cornélien entre deux cultures, pas d’état d’âme. Un jour la danse du dragon, quelques jours après celle de… la dragonne ! Maggie commente : «Si la communauté a voulu avancer la date des festivités, c’est parce que le prochain week-end tombe pendant le carnaval.» Et tout le monde veut aussi participer au carnaval, se demande-t-on ? «Non », répond Maggie – «en vérité, la mairie avait peur que personne ne participe. On profite généralement du carnaval pour fuir São Paulo !»… Sûr, tous les paulistas ont un point commun: ici comme ailleurs, les citadins blasés boudent les fêtes traditionnelles.
Maggie, sous les lanternes du nouvel an - Photo LPJ
Bon Carnaval, et bonne année ! La rédaction de l’édition de São Paulo vous donne rendez-vous jeudi pour de nouveaux articles. LB. (www.lepetitjournal.com) vendredi 16 février 2007
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