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Qui se cache donc derrière Gérard Camy? Critique de cinéma, historien, auteur de nombreux ouvrages sur le cinéma, enseignant en BTS audiovisuel, Président de l’association Cannes Cinéma (organisateur de Cannes Cinéphiles pendant le Festival de Cannes), membre de l’Association Française de recherche sur l’histoire du cinéma… et tant d’autres activités… A bientôt 57 ans, Gérard Camy n’arrête jamais. Le cinéma comme univers, l’écriture pour passion, le décor est planté: le Petit Journal a rencontré celui à qui on pourrait décerner la palme du plus grand amoureux du 7e art. Moteur!
 Gérard Camy avec James Coburn
L’écriture comme mode d’expression Une vie consacrée au 7e art. C’est peut-être ce qui définit le mieux Gérard Camy, cet homme passionné, débordant d’énergie, plongé dans un tourbillon d’activités. "Il faut que ça bouge, j’ai besoin de faire tout le temps des choses nouvelles", confie-t-il. Parmi les nombreux « rôles » qu’il endosse, il déclare aimer tout particulièrement "organiser des événements, construire un programme et réunir des gens qui vont nouer des contacts autour de ce grand rendez-vous". L’autre passion, c’est l’écriture, une vraie drogue pour Gérard Camy, qui avoue se plonger dans la douce torpeur de la nuit, propice à des ébauches de scénarios. "Ne pas écrire pendant une journée me manque". Après 10 ans de collaboration avec Télérama, aujourd’hui Gérard Camy continue d’écrire avant tout pour lui-même, avec de nombreux projets scénaristiques et romanciers en tête. Il voue une tendresse toute particulière pour PCA Hebdo, "l’un des rares journaux à traiter vraiment de la culture" pour lequel il rédige régulièrement des portraits et des commentaires de films ou de DVD, et Jeune Cinéma, revue créée en 1964 et qui l’a fait débuter: "Pour eux, j’écrirai jusqu’au bout!"
L’amour du cinéma dans le sang... Lorsqu’on entre dans le vif du sujet, le 7e art, le ton change, le visage s’illumine. Gérard Camy cite les quatre réalisateurs qu’il admire par-dessus tout: Charlie Chaplin, Fritz Lang, John Ford et Akira Kurosawa. "Eux, c’est « LE » cinéma! Ces réalisateurs ont tout compris sur le cinéma, l’image, les plans… Dans chacun de leurs films, il reste toujours quelque chose". Il évoque également Bo Widerberg, dont il a vu tous les films "au moins 25 fois"! Grand fan du cinéma américain des années 30, il avoue dévorer aussi le polar noir des années 60-70 de ceux qu’il surnomme "les 4 P: Pollack, Penn, Peckinpah, Pakula*". Gérard Camy aime le cinéma, tous les cinémas, et assume ses goûts très éclectiques: du cinéma allemand, italien et asiatique, en passant par les comédies françaises de Francis Veber, Claude Sautet, François Truffaut, Michel Audiard, Jean-Jacques Beineix, jusqu’aux jeunes réalisateurs français prometteurs, Guillaume Canet, Cédric Klapisch, et tout dernièrement le premier film de Gabriel Le Bomin, Les Fragments d’Antonin, qui l’a bouleversé. Il évoque alors sa passion pour le western, avec ses paysages sublimes, ses accents d’évasion et de souvenirs d’enfance: "J’aurai une tendresse définitive toute ma vie pour le western". Pour lui, point d’inquiétude sur l’avenir du cinéma français, le plus puissant d’Europe, "une pyramide indestructible", qui produit entre 100 et 200 films par an et vit grâce à un véritable système d’aides et de subventions. "Il y a un renouvellement continuel du cinéma français, contrairement au cinéma italien, qui a été littéralement « tué » par Fellini monopolisant la Cinecittà et qui a du mal à se relever". Il ajoute: "Il faut s’attacher à préserver cette fameuse exception culturelle française".
 Gérard Camy avec Ken Loach
Cannes et le Cinéma… Depuis 2001, date de sa création, Gérard Camy est le Président de l’association Cannes Cinéma. Son credo: œuvrer pour que le cinéma ne soit pas l’apanage d’une élite, mais des cinéphiles. En témoigne l’activité cinématographique développée par Cannes Cinéma dans les écoles, le Club Bel’Age, afin de promouvoir le 7e art à Cannes tout au long de l’année et pas seulement pendant les 10 jours du Festival International du Film. "On travaille pour tous les Cannois", ajoute-t-il. A noter également le système des 4000 accréditations délivrées au grand public pendant le Festival. Cannes Cinéma a réussi à imposer une règle de sélection originale: pour obtenir la fameuse accréditation, il faut rédiger une lettre de motivation dans laquelle on doit montrer son amour pour le 7e art. Gérard Camy explique que cela ne vaut pas la peine d’envoyer sa candidature "si c’est juste pour monter les marches", car les films auxquels les accréditations donnent accès sont projetés à la MJC Picaud et à la Licorne, et non au Palais au milieu du parterre de stars endimanchées. Cependant, pour Gérard Camy, "il manque à Cannes une salle de cinéma digne de ce nom". L’homme se désespère devant le faible nombre de personnes qui se déplacent au Studio 13 de la MJC Picaud, qui dispose pourtant d’un programme excellent, mêlant films classiques, cultes, mais aussi plus récents. "Je recherche à Cannes une salle dans laquelle on pourrait projeter des films différents, qu’on ne voit pas ailleurs". Un projet qui lui tient vivement à cœur, de même que son intention de remettre sur pied Cannes TV.
A l’issue de cette rencontre, on se demanderait presque ce que serait Cannes et son célèbre Festival du Film sans cet homme passionné, féru d’écriture, qui avoue dévorer des centaines, peut-être des milliers de films par an, et dont le regard s’illumine lorsque l’on évoque les grands chefs-d’œuvre qu’a livré et continuera de réaliser le 7e art, un art définitivement magique. Laure LAMBERT. (www.lepetitjournal.com - Monaco) mercredi 21 février 2007 Photos de courtoisie de Gérard CAMY.
* Sydney Pollack, Arthur Penn, Sam Peckinpah, Alan J. Pakula
Son avis sur les nouvelles techniques dont dispose actuellement le cinéma? Face aux techniques et aux nouvelles formes d’expression cinématographique, Gérard Camy semble perplexe: "L’écriture d’un scénario continuera de prendre beaucoup de temps, 3 ans parfois; simplement, à cette écriture, auront pris part un africain, un américain et un asiatique qui auront travaillé en étroite collaboration, mais sans jamais se rencontrer". En cela, ces techniques apporteront une nouvelle manière de travailler, de fabriquer; mais, pour Gérard Camy, l’ère d’Internet ne pourra jamais supplanter l’homme et son intelligence. "La création immédiate n’existe pas; un beau plan, une belle image ne sont pas suffisants pour faire un bon film". Tous ces nouveaux outils, ces réseaux permettront de travailler différemment, plus efficacement: "On pourra bientôt réaliser des films à un endroit, puis les monter ailleurs, sans se déplacer ni même se rencontrer!" Cependant, il pointe du doigt le décalage entre l’énorme offre de chaînes télévisées disponibles à l’heure actuelle, les possibilités infinies existant à l’heure actuelle en matière de technique et le peu d’emplois générés. Gérard Camy se dit déçu de voir que « ses » étudiants, comme il se plaît à les appeler, peinent à trouver du travail et doivent se contenter de stages non rémunérés, même si "le cinéma fonctionne ainsi depuis 50 ans". Il pense aux jeunes notamment, dont il déplore les conditions de travail dans l’audiovisuel. Gérard Camy espère que le cinéma saura faire une place au soleil aux nouveaux arrivants. "Il faut ouvrir des portes aux nouvelles personnes, tel un passage de témoins, c’est ainsi que j’envisage le travail"…
ERRATUM: "Gérard Camy, documentariste, historien et critique de cinéma, auteur de plusieurs ouvrages sur le cinéma, collaborateur de Thierry Frémaux, directeur artistique du festival de Cannes" (Source: Cannes Cinéma, Dossier de Presse Rencontres Cinématographiques de Cannes) D'après cette énumération de fonctions, nous avons publié un titre erronné lequel est corrigé depuis.
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