|
ECO - France-Italie : inflation réelle et inflation perçue ? |
|
|
lundi 19 février 2007 |
Symbole de l’intégration européenne, l’euro reste pourtant mal-aimé. Italiens et Français lui reprochent régulièrement la hausse des prix. Qu’en est-il réellement ? Qui a le plus souffert de l’inflation ?
En février, nous célébrons le quinzième anniversaire du Traité de Maastricht par lequel les 12 de l’époque approuvaient le projet de monnaie unique mais aussi le principe d’une politique étrangère et de sécurité commune et l'instauration d'une coopération policière et judiciaire. L’euro créé en 2002 reste le "symbole le plus puissant de l'intégration européenne qui nous a protégé contre les chocs extérieurs et a renforcé le rôle de l'Europe dans le monde" selon le Commissaire Joaquín Almunia, chargé des affaires économiques et monétaires. A l’automne 2006, la Commission a publié un sondage sur la perception de l’euro. En France et en Italie, le pourcentage des répondants estimant qu’il est difficile de s’adapter à l’euro est inférieur à la moyenne. Pour les achats exceptionnels, 27% des Italiens et 43% des Français calculent en monnaie ancienne mais 65% des Belges le font. France et Italie sont à égalité (96%) pour estimer que le changement a été un facteur de hausse des prix et la différence entre inflation statistique et inflation perçue constitue le principal mécanisme par lequel l’euro est jugé négativement.
Les revenus faibles ont subi la plus forte hausse La monnaie unique a amplifié la différence et brouillé les repères, notamment en Allemagne et en France mais moins en Italie. On observe que ce sont les biens à forte fréquence d’achats (alimentation, tabac...) qui ont le plus augmenté, de même que tous les biens dits "inférieurs" comme le logement. Ce sont les revenus faibles qui ont subi la plus forte hausse des prix. Entre 1996 et 2006, le logement a augmenté de 21% pour les ménages à faible revenu (premier 10% dans le classement) et seulement de 10% pour les 10% supérieurs (source Insee). Cela signifie que l’indice des prix publié par l’Insee ou l’Istat sous-estime l’inflation pour les ménages les plus modestes et la surestime pour les ménages aisés. La différence entre l’inflation officielle et l'inflation perçue n’est donc pas illusoire pour les classes les plus nombreuses mais elle n’est pas imputable à l’euro. Au contraire, l’euro fort a atténué l’inflation importée, bien au delà des effets des arrondis sur la baguette ou les croissants. Jacques FAYETTE pour www.lepetitjournal.com - Milan, lundi 19 février 2007
Jacques Fayette est professeur émérite à l'université Lyon 3 et membre de l'Académie des sciences, arts et belles lettres de Lyon. En savoir plus sur le redressement de Fiat: article.pdf Le site personnel du professeur Jacques Fayette : http://perso.orange.fr/prof.fayette |