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Le 48: rencontre programmée du design et des saveurs. Saint Valentin oblige, séance de rattrapage pour tous les amoureux des saveurs grecques superbement mises en valeur par un graphisme épuré: ici, l’art se revendique sur les murs et dans les assiettes.
Restaurant le 48, tout un programme (photo LPJ)
Le 48 ? C’est une ancienne galerie d’art dont l’espace a été détourné, grâce à des architectes de talent, en un restaurant aux airs de grand loft athénien. De la rue, rien ne transparaît. La majestueuse porte dévoile un hall dénudé qui nous mène à une galerie d’art contemporain. Une sorte de sas de décompression au sortir de la ville tumultueuse. On erre quelques instants à travers un espace aux couleurs étouffées et aux bruits feutrés. Et puis il y a une seconde porte, au fond. Changement de décor, qui se décline sur les tonalités de la pénombre rehaussée de discrets éclats de couleurs changeantes. La salle de restaurant est en fait un gigantesque patio, où l’eau circule sous un plancher transparent. Musique jazz et hôtesses de noir vêtues, d’une élégance exquise, vous accueillent.
Ephémères œuvres d'art Le 48 est tenu par le chef Christophe Peskias et son sommelier Yiannis Kaimenakis. Peskias a travaillé en France auprès de chefs renommés, tels que Marc Meneau ou Joël Robuchon; il s’inspire du savoir faire français pour mettre à l’honneur les saveurs grecques, qu’il orchestre avec brio, et redéfinit les plats traditionnels en leur donnant une touche personnelle un peu provocatrice, comme cette poudre de yaourt glacée qui accompagne une feuille de vigne farcie. En découvrant les assiettes, on a parfois l’impression de faire sacrilège en dévorant une œuvre d’art éphémère, comme ce ravioli géant centré sur un jaune d’œuf. A essayer: la soupe « trahana » faite à base de lait aigre et de blé concassé, les croquettes aux épinards fourrées au jus de citron, ou encore cette joue de bœuf d’une tendreté exceptionnelle et sa purée au basilic. Et si vous êtes amateur de chocolat, ne passez sous aucun prétexte à côté de la tarte au gianduja servie avec sa glace à la lavande. La carte des vins n’a rien à envier à celle des mets: en cave, se sont plus de 900 différents crus sélectionnés par Yiannis Kaimenakis qui dorment à l’abri des années… La carte, renouvelée tous les mois, propose 48 vins rouges et 48 vins blancs venus du monde entier. Les prix vont du plus raisonnable (un Côte du Rhône 2003 à 24 euros) au plus fou. Une dizaine de vins est proposée au verre. Le plus: le menu à 48 euros, propose une entrée, un plat et un dessert, chaque plat étant accompagné de son verre de vin. Le moins: le design, c’est beau, mais point trop n’en faut! Les couverts sont un peu lourds et les tables de verre dépourvues de nappe manquent de chaleur. Fabienne BURGUIERE (www.lepetitjournal.com - Athènes) vendredi 16 février 2007 48 the restaurant, 48 rue Armatolon & Klefton, Athènes (quartier d’Ambelokipi) Tel: 210 641 10 82 www.48therestaurant.com |