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Récemment rappelée à l’ordre par le commissaire européen à l’environnement (voir LPJ Berlin du 6 février), Angela Merkel a ardemment défendu les constructeurs automobiles allemands contre les prétentions de Bruxelles à vouloir réduire les émissions de CO2 des voitures. Depuis quelques jours, la polémique pointe pour la première fois les contradictions d’un pays qui cultive à la fois conscience écologique et amour des grosses cylindrées 
Photo. R. C. Un partout. C'est le score actuel du match qui oppose depuis une semaine Angela Merkel à la Commission européenne sur la politique climatique. Lundi dernier, Bruxelles avait déclaré vouloir obliger les constructeurs automobiles à limiter les émissions en CO2 des voitures à 120g par kilomètre. Pour la chancelière allemande, cette décision était inacceptable, voire "autoritaire". Elle était surtout gênante pour un pays spécialisé dans la production de voitures de luxe, particulièrement polluantes. Après de vives protestations de la part de Berlin, un compromis a finalement été trouvé : les constructeurs devront se limiter à seulement 130g de CO2 par kilomètre. Un détail me direz vous? Pas du tout, selon Kristina Spiller, du parti Bündnis 90/ Die Grünen (les Verts). “Même si toutes les nouvelles voitures deviennent un peu plus écologiques, la pression pour amener à acheter une voiture de sport ou un énorme break reste la même. Il faut des incitations à acheter des voitures écologiques“. En contrepartie, le gouvernement allemand a annoncé vendredi qu'il acceptait les prescriptions de l'UE en matière de droits à polluer. Au lieu des 465 millions de tonnes de CO2 que réclamait l'Allemagne, ce seront 453 millions de tonnes par an que les industries allemandes auront le droit de rejeter dans l'atmosphère.
"L’Allemagne n’est pas pionnière en matière d’environnement"
"De la pure hypocrisie" : c'est ainsi que Reinhard Bütikofer, le président fédéral des Verts, décrit les louvoiements de la chancelière. Merkel, après avoir déclaré que le réchauffement climatique était "l'objectif premier" de sa présidence, est accusée de vouloir défendre bec et ongles le lobby automobile. La polémique brise un mythe : celui de l'Allemagne comme pays pionner de la protection de l'environnement. Jusqu'ici, les Allemands étaient fiers de leur nombre record d'éoliennes ou de cellules à énergie solaires. A présent, d'autres voix se font entendre, comme celle du Commissaire européen à l'écologie Stavros Dimas, pour qui "l'Allemagne n'est en aucun cas un pionner en matière de protection climatique“. Un rapport de WWF classe même l'Allemagne derrière la France en matière d'émission de CO2. Un comble, alors que les Français découvrent tout juste le tri sélectif, en vigueur depuis des années Outre-Rhin. Raphaël COTTIN. (www.lepetitjournal.com - Berlin) – mardi 13 février 2007 Bon à savoir : Une voiture de type Porsche rejette 293 g de CO2 dans l'atmosphère par km parcouru. La commission européenne veut limiter l'émission à 120g par km. |