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DIPLOMATIE - L'île des Serpents, pomme de discorde |
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dimanche 11 février 2007 |
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Sur l’île des Serpents, les reptiles règnent en maître et font la chasse aux mouettes. Les légendes grecques y placent le tombeau d’Achille. Voilà dix ans que cet îlot inhabité de 17 hectares, à 45 kilomètres du littoral roumain de la mer Noire, est source de litiges entre l’Ukraine et la Roumanie L’île des Serpents. (Photo: babel.lexilogos.com)
Le Parlement ukrainien a approuvé "la création nominale et formelle d'une localité sur l'île des Serpents", a indiqué vendredi le ministère roumain des Affaires étrangères dans un communiqué. Kiev voudrait donner le nom de Village blanc à l'île, nom qui serait inscrit sur la carte et dans le registre des localités ukrainiennes. Une initiative qui n’est pas du goût des autorités roumaines qui estiment que l’île des Serpents est un simple rocher, par sa structure géologique et l’absence de sol fertile. L’Ukraine y voit un espace économique viable justifiant un statut juridique spécifique et qui lui donnerait un accès exclusif aux réserves d’hydrocarbures découvertes dans le sud de l’île en 2001. En 2004, après 24 tentatives infructueuses de régler le problème à l’amiable, les autorités roumaines ont alors décidé de porter le différend devant la Cour internationale de Justice (CIJ) de La Haye. Selon Bucarest, l’initiative récente de créer une localité sur l’île "n'aura pas d'effets juridiques et ne pourra pas influencer la CIJ concernant le partage du plateau continental de la mer Noire."
Plusieurs terrains de discorde L’île des Serpents était roumaine jusqu’à son annexion par l’Union soviétique en 1948. Depuis l’éclatement de l’URSS, sans remettre en cause l’appartenance de cet îlot à l’Ukraine, Bucarest reproche à Kiev de toujours avoir voulu changer son statut juridique. La CIJ devrait rendre son verdict en 2008 et décider si la plateforme continentale autour de l'île des Serpents et les ressources afférentes doivent être partagées ou non entre la Roumanie et l'Ukraine. Le ministre démissionnaire des Affaires étrangères Mihai Razvan Ungureanu, cité par l’agence Mediafax, a déclaré vendredi qu’il faisait "entièrement confiance à la Justice" pour régler ce différend. Une discorde qui s’ajoute à celle du canal ukrainien de Bystroe dont la construction sur le delta du Danube ne plaît guère à Bucarest. Marianne RIGAUX. (www.lepetitjournal.com - Bucarest) lundi 12 février 2007 |