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MICRO-TROTTOIR - La politique roumaine vue par... |
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mercredi 07 février 2007 |
Le mois de janvier a été secoué par de nombreux scandales politiques: de l’affaire du billet du Premier ministre Tariceanu à la démission du ministre des Affaires étrangères Razvan Ungureanu, en passant par le référendum pour la suspension du président. Tout cela sur fond de guerre entre Calin Tariceanu et Traian Basescu. Réactions
Cristian Pîrvulescu, analyste politique :
"Je vois trois dimensions dans le conflit entre Tariceanu et Basescu. La première est structurelle à cause du manque de clarté de la Constitution concernant les rapports entre le Premier ministre et le président. Il y a ensuite une dimension personnelle évidente, les deux hommes ne s’aiment pas. La perspective des élections européennes du 13 mai rajoute enfin une dimension conjoncturelle. Cette échéance pourrait redessiner les rapports de force entre le parti démocrate (PD), le parti national libéral (PNL) et le parti social démocrate (PSD). Les partis politiques utilisent les scandales comme substitut à l’idéologie. Traian Basescu est sur la défensive, il est obligé d’improviser. S’il était destitué par référendum, il en résulterait une crise institutionnelle profonde qui profiterait à l’extrême droite. Mais le président est encore trop populaire pour être suspendu. L’avis consultatif de la Cour constitutionnelle sera décisif".
Oana Arsanu, étudiante à la faculté de sciences politiques :
"Je ne dirais pas que les scandales politiques sont le résultat d’un conflit mais plutôt d’un malentendu. Les deux partis de l’alliance (PNL et PD) sont dirigés par deux fortes personnalités qui veulent s’imposer. Je reste positive et confiante : ils apprennent petit à petit à cohabiter. La Roumanie n’est encore qu’au début de son histoire démocratique. Elle comprend à peine ce que signifie la pluralité. Nous avons déjà fait des progrès depuis 1989. D’après les sondages, il y a peu de chances pour que le président soit destitué, ou alors je pense que ce serait seulement temporaire, le temps que les choses se calment".
Gérard Gouron, professeur de sciences économiques au lycée français de Bucarest :
"Il y a à la fois un problème d’hommes et un problème politique. La rivalité entre Tariceanu et Basescu pour être à la tête de la coalition et se poser en leader politique face au PSD est comparable à celle entre Jacques Chirac et François Mitterrand. Les scandales sont une manière de faire de la politique ; c’est la mode politico-médiatique des petites phrases, des attaques personnelles, qui remplace la confrontation d’idées. La démocratie roumaine se cherche. La destitution du président est possible constitutionnellement, mais politiquement, cela signifierait une grave déstabilisation".
Mircea Kivu, sociologue :
"Les tensions entre Tariceanu et Basescu profitent aux partis anti-système comme le parti de la Nouvelle génération (PNG) de Gigi Becali ou le parti Romania Mare (PRM) de Vadim Tudor. Ce conflit est allé trop loin. On en oublie les objectifs plus importants de l’agenda politique, comme l’intégration européenne. Si le référendum a lieu, Basescu restera de toute façon en place, mais il n’est pas sûr que ses soutiens se mobilisent en masse. Un résultat mitigé porterait un coup à son image".
Propos recueillis par Marianne Rigaux (www.lepetitjournal.com - Bucarest) jeudi 8 février 2007
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