Tous les vendredis soirs, près d’un millier de jeunes se retrouvent à la messe sous lumière noire, avant de danser sur des rythmes de techno. Dans le quartier de Bras, une boîte de nuit peu ordinaire, la «Cristoteca», surprend les curieux et rassure les parents
Ils ont entre 14 à 30 ans, ils sont chrétiens, sympathisants de la communauté Aliança da Misericordia, et ils se rassemblent le vendredi soir dans la Casa Restaura-me. Comme la plupart des jeunes de leur âge, ils veulent danser sur de la musique forte, se retrouver entre amis, et rêvent de rencontrer l’âme sœur. Le responsable de cette fête est le (futur) père Vanderson Costa, âgé de 23 ans, qui explique dans un reportage de la Folha : «L’évangélisation nocturne utilise un élément du contexte des jeunes, la musique, pour les atteindre. La différence avec une boîte de nuit traditionnelle, c’est que celle-ci, a pour objectif de gagner de l’argent. Notre finalité est l’évangélisation à travers la musique.» La «cristothèque» - oui, il fallait oser ! - accueille les «fidèles» à partir de 22h30. A 23h30, sous la lumière noire, le prêtre João Henrique, un des fondateurs, conduit la messe flanqué d’un groupe de musique et de danseuses. A 1h30, le DJ, un pauvre pêcheur repenti de ses excès dans le monde de la nuit, mixe les platines, et l’assemblée fervente se met à danser fiévreusement. Ambiance propice aux flirts et à l’ivresse pensez-vous ? Que nenni ! Vanderson veille au grain. Bien chaperonnés, tout «débordement» sera évité.
Sans alcool, sans sexe, la fête est plus «saine» “Tant de jeunes se perdent dans les discothèques, où la musique est satanique, dans les drogues, la promiscuité ...” peut-on lire sur le site. Dans le cas d’une effraction à l’ordre moral (baisers trop langoureux, éthylisme, bagarre…), la brigade des mœurs entre en action. La musique s’arrête, et l’évangélisation reprend: le prêtre invite les jeunes gens à prier pour demander le pardon. Au bar, on vous servira des cocktails divins: Mère Teresa, Apocalypse…, version sans alcool bien-sûr ! La musique est aussi sous haute surveillance: différents genres musicaux sont diffusés (rock, pop, électronique), mais tous les textes… parlent de Dieu. A écouter le père Henrique, la musique est à l’origine de tous les maux: «elle vous influence à faire des mouvements que vous ne faites pas d’habitude. Ces mouvements peuvent entraîner une agressivité, ou une sensualité – ce qui n’est pas notre but !». Selon lui, certaines musiques réveillent des instincts de violence et de non-contrôle des émotions. Et pour crédibiliser son discours, il conclut: «ce n’est pas l’Eglise qui a découvert cela, c’est le FBI !». Aucune mention n’est faite des effets de l’envoutante Samba… Sponsorisé par des fonds publics et privés, la Casa Restaura-me, bel espace de 3.500m2 a été inauguré il y a 3 ans. Durant la semaine, l'endroit accueille et nourrit les personnes du quartier dans le besoin. LB (www.lepetitjournal.com - Sao Paulo) mercredi 7 février 2007 Entrée gratuite ou 5R$ selon la soirée. Tous les vendredis soirs, de 22h30 à 5h. Programmation sur le site Portal da Musica Catolica Adresse : Casa Restaura-me, rua Monsenhor Andrade 746 – Bras, SP |