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Ceux qui n’ont pas froid aux yeux peuvent se ruer dans les salles obscures voir Shortbus, un bijou de création libertaire et humaniste. Plus qu’un film, un second souffle pour l’érotisme au cinéma. Et un hymne inoubliable à New York
Shortbus, "un antidote pour traverser les années Bush..." Sofia est sexologue et n’a jamais connu l’orgasme, qu’elle simule depuis des années avec son mari Rob. James et Jamie, couple gay tranquille, ont décidé d’ouvrir sexuellement leur relation et choisissent comme partenaire le jeune Ceth, mutin et tendre à croquer. Severin, maîtresse dominatrice aimerait bien sortir de sa solitude et avoir une "relation normale" avec quelqu’un. Les trajectoires tragi-comiques de ces personnages vont se croiser dans le New York désabusé post-11 septembre. Dans un lieu insolite, le Shortbus, sorte de salon du 21e siècle, où l’art, la politique et le sexe fusionnent joyeusement, ils vont se rencontrer, se confier, et s’aimer… Le jeune cinéaste John Cameron Mitchell rend un hommage étrangement émouvant à la vie avec ce film totalement décomplexé.
Un film humaniste Héritier des années 70 et du vent de liberté qui soufflait alors sur la jeunesse, Shortbus est, plus qu’une apologie du sexe, une œuvre intense nourrie de tous les désirs et les peurs des années Bush. Dans la version non-censurée de la bande-annonce, le réalisateur annonce d’ailleurs son film, avec un zest de fierté, comme "l’antidote pour traverser les deux prochaines années de George Bush". Dès le générique, le ton est donné: Shortbus parlera de sexe. Mais au fil de l’histoire les notes se font plus criantes et l’air de rien, le film creuse en profondeur et vient pincer la corde sensible de manière étonnamment juste. Derrière la légèreté affirmée se dévoile peu à peu la détresse des personnages. Parce qu’il ne se pose pas les questions de forme habituelles, et qu’il filme ces histoires de cœur avec une franchise déroutante, Mitchell bouleverse. Finalement, on sort de la salle en ayant presque oublié les scènes érotiques car son sujet va bien au-delà. C’est un hymne déconcertant à l’humain et sa sensibilité perdue. En fond, la ville de New York, plus belle et plus underground que jamais. Laurence DANTHONY. (www.lepetitjournal.com - Madrid) vendredi 9 février 2007 Shortbus Réalisé par John Cameron Mitchell Avec Sook-Yin Lee, Paul Dawson, Lindsay Beamish E.U - Comédie dramatique - 1h42 Interdit aux moins de 16 ans
Pour les horaires et les salles voir Esmadrid Site officiel du film : http://www.shortbus-lefilm.com/ |