| Ecrit par Herve HEYRAUD,
le 06-02-2007 23:00
|
|
Cette rubrique est présentée avec notre partenaire  La candidate socialiste à l'élection présidentielle pourrait proposer des indices des prix différenciés selon les revenus. Mais, dans deux semaines, un calculateur individuel, mis en ligne par l'Insee, intégrera déjà la structure de consommation de chacun C'est une proposition de Ségolène Royal qui pourrait bien être appliquée avant même d'avoir été énoncée. Dans le débat récurrent sur la fiabilité de l'indice des prix à la consommation, François Rebsamen, co-directeur de sa campagne, a indiqué hier sur Europe 1 que la candidate socialiste pourrait "proposer des indices différents suivant les revenus dont on dispose chaque mois". L'indice des prix actuel, a-t-il réaffirmé, "est récusé par tous ceux qui gagnent moins de 1.500 euros par mois". Pour répondre à ces critiques récurrentes, qui émanent tour à tour de la gauche et de la droite (en 2005, le ministre des Finances, Thierry Breton, avait créé son propre "chariot type"), l'Insee va mettre en ligne, dans deux semaines, un simulateur personnalisé d'inflation. Il permettra à chacun d'afficher un indice des prix non pas en fonction de ses revenus, mais, mieux encore, en fonction de sa propre structure de consommation. Ce calculateur existe déjà en Allemagne (www.destatis.de) et, depuis quelques semaines, en Grande-Bretagne. A l'aide d'un logiciel téléchargeable gratuitement, le consommateur peut faire varier le poids des grands postes de dépenses (loyer, alimentation, essence, restaurant, vacances...), en le faisant "coller" au mieux à son cas personnel. Le poids des loyers Avec ce nouvel outil, l'écart entre l'inflation générale et la hausse des prix de chacun devrait surtout être flagrant pour les locataires. Les loyers ont en effet progressé, selon l'indice des prix français, de 3,2 % à fin décembre sur un an. Mais, pour tenir compte des quelque 60 % de ménages propriétaires en France, le poids des loyers dans l'indice général des prix n'est que de 6,14 %. Pour tous ceux qui dédient un tiers de leur revenu à la location d'un appartement, l'inflation personnelle devrait donc dépasser de près de 1 point la hausse des prix globale constatée l'an dernier par l'Insee (1,5 % sur un an à fin décembre)... Sur plusieurs années, les deux courbes de l'inflation personnelle des locataires et de l'inflation générale divergeront nettement. Au niveau individuel A vocation pédagogique, ce simulateur sera plus parlant que les travaux menés récemment par l'Insee sur les indices de prix selon le niveau de vie, qui restent situés à un niveau macroéconomique et non individuel. Ces travaux montrent que les 10 % de ménages les plus pauvres ont subi chaque année 0,11 point d'inflation supplémentaire que la moyenne ces dix dernières années, essentiellement en raison d'une surconsommation de tabac. A l'inverse, les 10 % de ménages les plus riches ont eu une inflation annuelle inférieure de 0,09 point à la moyenne. Véronique LE BILLON de notre partenaire www.lesechos.fr – mercredi 7 février 2007
|