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Depuis le printemps dernier et le vote de la loi qui introduit des droits universitaires (Studiengebühren) dans certaines universités, la polémique ne faiblit pas. Contre cette réforme de l’éducation qu’ils estiment injuste, les étudiants allemands s’organisent. Leur modèle : le combat anti-CPE en France
Affiche du parti de gauche reprenant l'exemple des étudiants français. (Photo M. d. G). "Deutschland, Du willst mehr Kinder, verhinderst aber die Bildung“ (Allemagne, tu veux plus d’enfants, mais tu empêches l’éducation). Depuis les premières manifestations du printemps, en Bavière, contre l’instauration des droits universitaires, ce slogan est régulièrement scandé lors des manifestations d’un mouvement qui s’est considérablement amplifié en quelques mois. A la Freie Universität de Berlin, de nombreux comités et associations tentent de mener une lutte… à la française. Réunions agitées, occupation des locaux, mais surtout boycott du paiement des droits, les responsables étudiants entretiennent le culte de la victoire des jeunes Français contre le Contrat Première Embauche (CPE) au printemps 2006. "Nous avons beaucoup à apprendre de ce qui s’est passé en France, les syndicats et la population ont réussi à s’unir de façon efficace contre les dirigeants. Au Parlement sans pression de la part des Allemands, nous sommes inutiles" nous confie la déléguée à la Hochschulpolitik de la Linke Fraktion du Bundestag.
Un combat "à la française" Exemple de l’influence du mouvement anti-CPE Outre-Rhin, le film Kick it like Frankreich (joue-la comme la France) du réalisateur Martin Kebler, évoque les révoltes étudiantes en Allemagne du printemps dernier. Le film a été diffusé entre autre le week-end dernier à Frankfurt/Main où le parti de gauche (Linkspartei) a tenté d’unir le mouvement en réunissant étudiants, intellectuels et militants contre la politique de l’éducation du gouvernement Merkel. Au trouble ambiant vient aussi s’ajouter le débat sur les universités d’élites. Depuis 2004 l’idée a fait son chemin. Le projet est de restreindre l’accès à certains établissements jusqu’ici ouverts à tous. Les universités souhaiteraient ainsi augmenter leur compétitivité sur le plan international et mettre fin au problème des interruptions d’études, trop fréquentes. Un projet que désapprouvent bon nombre d’associations étudiantes. Si on ajoute à ces mouvements les préparatifs anti-G8, prévu à Rostock en juillet, une chose est sûre: en Allemagne en 2007, les révolutionnaires ne chômeront pas. Mélanie DE GROOT (www.lepetitjournal.com - Berlin) mercredi 7 février 2007
http://www.uebergebuehr.de/, tous les rendez-vous sur le site national anti-tudiengebühren http://www.spiegel.de/unispiegel/studium/, sous Protest-Doku extraits de Kick it Like Frankreich. Bon à savoir aussi : Dans l’UE, de nombreux pays ont déjà imposé des droits universitaires. En France, elles s’élèvent au maximum à 330 €, tandis qu’en Lituanie elles peuvent aller jusqu’à 5.420€. En Allemagne, l’éducation est une compétence régionale, chaque Land est libre d’instaurer ou non des droits universitaires. |