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PATRONAT - Le Medef est embarrassé par les indemnités de l'ex-PDG du Printemps Version imprimable Suggérer par mail

Ecrit par Herve HEYRAUD, le 04-02-2007 23:00

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En quittant l'ancienne filiale de PPR, Laurence Danon a touché 2,5 millions d'euros. "Le Printemps a pratiquement triplé de valeur", fait valoir Laurence Parisot pour défendre celle qui préside la commission nouvelles générations du Medef.
 
Voilà une coïncidence de calendriers dont Laurence Parisot se serait volontiers passée. Trois semaines après la publication de recommandations communes au Medef et à l'Afep (grandes entreprises) sur les rémunérations patronales, une semaine après la parution de "Besoin d'air", livre dans lequel elle se propose de réconcilier les Français avec l'entreprise, la présidente du Medef a bien été obligée, hier, de commenter les conditions financières dans lesquelles Laurence Danon a quitté la présidence du Printemps. Car celle-ci préside, en outre, la commission nouvelles générations de l'organisation patronale.
Après la vente de la filiale de PPR à un consortium conduit par Deutsche Bank en octobre, Laurence Danon est partie mercredi avec une indemnité d'environ 2,5 millions d'euros, a indiqué une source proche du dossier, confirmant le chiffre publié dans nos colonnes cet été ("Les Echos" du 18 juillet). Soit, selon nos estimations, l'équivalent de six années de salaire.
Certains se disent "choqués"
"Sous son règne, jamais les salaires n'ont été aussi bas - 84 % des salariés du Printemps gagnent moins de 1.500 euros brut - et l'effectif a diminué de 12,2 %, soit 645 personnes", s'est insurgée la CGT. "En période électorale, les comportements déviants servent d'exutoire, cela creuse le fossé entre les chefs d'entreprise et les Français", déplore l'association CroisancePlus. Au Medef, plusieurs responsables confient être "choqués" et certains estiment que Laurence Danon « n'a plus sa place » dans l'organisation.
Souhaitant couper court à la polémique qui enfle, l'intéressée a affirmé hier dans un communiqué que « les conditions contractuelles ont été appliquées, qui prévoyaient une indemnité de départ représentant deux années de salaires ». Elle a ajouté avoir « bénéficié d'une prime correspondant à [son] action dans la valorisation du Printemps ». Interrogée par « Les Echos », Laurence Danon a précisé qu'« il ne s'agit en rien d'un parachute doré », et que « le montant n'a rien à voir avec les sommes évoquées ici ou là. »
Le débat sur la rémunération des grands patrons est néanmoins relancé. D'autant que Laurence Danon été plusieurs fois mise en avant par Laurence Parisot ces derniers mois. Elle a présenté l'an dernier un rapport sur le malaise des jeunes après la crise du CPE. La semaine dernière, elle n'est, en revanche, pas venue à l'assemblée générale de l'organisation. A contrario, les participants avaient bien noté la présence, à gauche de Laurence Parisot, de François-Henri Pinault, PDG de PPR, avec qui l'ex- patronne du Printemps est notoirement en froid.
Récent appel à la « mesure »
Surtout, cette affaire vient contredire l'appel à la « mesure » lancé par l'Afep et le Medef, lesquels invitaient les patrons à « tenir compte des réactions de l'opinion ». Pour Laurence Parisot, les chiffres ne signifient rien en soi : « Si la rémunération des grands patrons était reversée à l'ensemble des salariés français, ça ferait quelques euros de plus par an », répète-t-elle souvent. Sauf que dans l'affaire Vinci, Laurence Parisot avait dit avoir la « nausée » devant les conditions de départ d'Antoine Zacharias. Or le groupe de BTP est 32 fois plus gros que le Printemps : leurs chiffres d'affaires étaient, respectivement, de 21 milliards et de 750 millions d'euros en 2005. Rapportée à la taille de l'entreprise qu'elle a quittée, la somme touchée par Laurence Danon est donc plus importante que les 13 millions d'euros d'indemnités d'Antoine Zacharias.
Peu diserte, Laurence Parisot s'est contentée de dire hier, sur BFM, qu'il fallait des rémunérations « en proportion de la performance des entreprises ». Et d'assurer que « le Printemps a pratiquement triplé de valeur » lorsque Laurence Danon était à sa tête.
De sources professionnelles, le bilan de l'ex-PDG du Printemps est pourtant loin de faire l'unanimité. A Paris, l'enseigne ne cesse de perdre des parts de marché contre son grand rival les Galeries Lafayette, qui, fin 2006, réalisaient près de 65 % de chiffre d'affaires de plus, contre près de 50 % en 2004. En outre, avec un résultat opérationnel courant de 25 millions d'euros avant paiement des loyers, le Printemps affiche un résultat d'exploitation nul, quand son concurrent dégage 1 % sur chiffre d'affaires. Quant à la valorisation de l'entreprise, elle tient quasi exclusivement à la hausse de l'immobilier, affirment des experts.
ANTOINE BOUDET ET GUILLAUME DELACROIX de notre partenaire www.lesechos.fr – 5 février 2007


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