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DE VOUS A NOUS - Guillaume, un journaliste à Madrid Version imprimable Suggérer par mail
mercredi 07 février 2007

Guillaume a posé ses valises à Madrid il y a trois ans. Pour voir, pour bouger. Emporté par le tourbillon madrilène, il s’est laissé tenté par cette cité à deux visages et "son vice". Entre bons plans et invitations au voyage, il nous parle de sa ville d’adoption.

Guillaume aime la vie de la rue madrilène (Photo LPJ)

Lepetitjournal.com : Quand et pourquoi as-tu atterri à Madrid ?
Guillaume :
Je suis venu à Madrid en janvier 2004, par curiosité et envie de bouger. Le journalisme m’avait toujours attiré donc j’ai regardé les formations et j’ai trouvé celle d’El Pais, qui commençait en janvier 2004. J’ai passé le concours et j'ai emménagé.



LPJ : Tu parlais déjà espagnol ?
G :
Oui à l’époque je partageais ma vie avec une Espagnole.
LPJ : Quel est ton quartier préféré ?
G :
Je vais dire Lavapiés, mais ça dépend vraiment du moment. J’aime bien Malasaña aussi.
LPJ : A Madrid, tu aimes…
G :
Sa vie de la rue. Mais j’avoue que j’aime aussi son vice. Madrid est une ville vicieuse. Par vice je veux dire qu’elle invite à énormément de choses : elle invite dans la rue, elle invite à sortir, à passer un moment dans un bar, dans un restaurant. C’est pour ça que j’aime Madrid.
LPJ : Ce à quoi tu ne te feras jamais ?
G :
Les travaux. Madrid est une ville où on passe sa vie dans les rues et c’est à la fois très agréable et très désagréable. Il y a quelques années, Danny de Vito est venu présenter un film à Madrid et pendant la soirée de gala, il a dit : "J’aime beaucoup Madrid mais je n’ai jamais vu une ville avec autant de trous dans les rues. Quand vous aurez trouvé le trésor vous m’appellerez".
LPJ : Madrid c’est…
G :
C’est l’amour et la haine qui se côtoient tout le temps. C’est deux masques d’un même visage. Madrid est comme toute ville. Ce qu’elle a, elle l’offre de tout son rythme. Il faut se débrouiller pour être là. Elle t’emporte. Mais d’un autre côté, quand ça ne va pas à Madrid, ça ne va vraiment pas. C’est très difficile d’y trouver une stabilité personnelle et professionnelle.
LPJ : Madrilène d’adoption, quels sont tes bons plans?
G :
L’endroit où on se trouve à l’instant, le Palermo Viejo. On y mange bien à des prix raisonnables. Après, à Malasaña, calle la Palma, il y a un bar que j’aime bien qui s’appelle Estocolmo. C’est un tout petit bar qui a la particularité de faire ce que les patrons appellent des "sandwiches suédois" ; en fait ce sont des hamburgers assez originaux. Après ça dépend des moments. J’aime beaucoup Lavapiés, la rue Argumosa, où tu as l’Automatico et en face, pour les fans de cocktails, il y a un tout petit bar (je crois que les patrons sont Brésiliens). Le daiquiri à la groseille est inoubliable. Et en plus ce n’est pas très cher. Après, rien de tel que de se balader dans le Rastro le dimanche après-midi, de bar en bar.
LPJ : Petites escapades week-end recommandables?
G :
Je bouge très peu de Madrid, mais n’importe quel endroit sur la route de Segovia. Il y a vraiment une sierra très belle, on commence à voir la montagne et quand il commence à faire beau c’est très agréable. Il y a un lac artificiel où beaucoup de gens viennent au printemps et au début de l’été. Mais je recommande avant tout les villes historiques qui entourent Madrid : Tolède, Segovia. Pour les gens de passage, elles valent vraiment le déplacement. C’est à moins d’une heure et tu les visites en une journée.
LPJ : Quel est ton endroit préféré en Espagne ?
G :
Un petit village en Galice qui s’appelle Noia. Sa plage et "las rías", ces bras de mer qui entrent dans la terre. 
LPJ : Ton mot castillan préféré ?
G :
"Aislar”, pour ce qu’il est. Et le mot "payaso" aussi. Il n’y a pas beaucoup de langues qui ont un mot propre pour dire clown.
LPJ : Tu chantes avec… ?
G :
Je vais être méchant mais je trouve qu’en Espagne il y a une très mauvaise scène musicale. Il y a une certaine créativité mais la nouvelle scène, surtout en électronique, a du mal à démarrer. J’aime beaucoup la musique traditionnelle par contre. Sinon, en musique actuelle, il y a un très bon groupe : Ojos de brujo. Et en artiste que j’ai beaucoup écouté, mais que je ne peux pas chanter, il y a Joaquím Sabina. C’est un mélange entre Gainsbourg et Dylan. Et Radio Tarifa. C’est trois générations.
LPJ : Ta prochaine destination ?
G :
J’aimerais beaucoup faire un voyage en Inde. Ou alors me laisser tenter par Buenos Aires, une ville que j’aimerais habiter et que je ne connais pas.
Propos recueillis par Laurence Danthony (
www.lepetitjournal.com - Madrid) jeudi 8 février 2007


Palermo Viejo : C/San Joaquín 5
Estokolmo :
Automatico :
C/Argumosa 17

Pour en savoir plus sur Noia : http://es.wikipedia.org/wiki/Noia

 
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