A l'occasion du 38e festival de la semaine du film hongrois, revenons sur le grand gagnant du précédent festival, Taxidermia, couronné à cette occasion comme Meilleur Film.
une scène de Taxidermia (photo www.cineuropa.org)
Malgré sa présentation au festival dès février dernier, le film n'est sorti que très récemment en Hongrie: fin novembre 2006. Notons qu'il est projeté dans les salles françaises depuis septembre. Ceci s'explique par l'importance au sein de la coproduction austro-franco-hongroise de la production française ayant contribuée à la réalisation de ce métrage, au travers de Memento Films, succursale de ARTE France. Les aléas de la production, selon György Pálfi, le réalisateur, usèrent beaucoup de son énergie. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle, bien que Taxidermia, son second long métrage, était un projet antérieur à Hic (sa première réalisation), il fut réalisé en second, car plus difficile à faire produire. Ce film est donc le fruit d'un long travail s'étalant sur plusieurs années et remontant à ses années d'études à l'École du film.
Une histoire de famille
Le film se divise en trois tableaux dont le lien s'établit temporellement par la filiation des personnages (grand-père, père, fils), ainsi que par une certaine continuité thématique. L'histoire est inspirée de plusieurs nouvelles de l'écrivain Lajos Parti-Nagy, qui a d'ailleurs collaboré en conseillant le réalisateur ou réécrivant quelques dialogues. Le réalisateur nomme chaque partie de son film respectivement: « sperme, salive, sang », et en effet chaque partie du film offre un spectacle jovial de jaillissement de fluides corporels. La première partie raconte l'histoire du grand-père, sorte de larbin à tout faire d'un officier militaire perdu dans une maison de campagne, et de ses vicissitudes sexuelles. La seconde est celle du père, champion hongrois de niveau international d'un sport où le but est de manger des quantités gigantesques de nourriture en un temps limité. La dernière et troisième section du film nous montre l'histoire du fils, à l'époque actuelle, taxidermiste, et entre autre l'élaboration de son grand projet, dont l'aboutissement constitue la conclusion grandiose du film. Dans une interview le réalisateur nous dit que Taxidermia « parle de la manière dont nos corps peuvent devenir des histoires », et si le film peu choquer par des scènes qui peuvent sembler crues (quelques scènes sexuelles, celles où d'énormes personnages se gavent de nourriture puis la vomissent, et quelques vues dans l'atelier du taxidermiste remplies d'animaux empaillés), leur but n'est pas de heurter le spectateur, mais elles accompagnent naturellement ces histoires de corps.
W. B. (www.lepetitjournal.com – Budapest) Jeudi 1er février 2006
Vous pouvez voir Taxidermia avec sous-titres anglais à:
Művész cinéma, Budapest VI ker., Teréz krt. 30, aux horaires suivants:
01/02/2007 à 16h
05/02/2007 à 17h
07/02/2007 à 21h45