|
Jamais, dans l’histoire de la construction espagnole, une œuvre publique n’avait fait autant de bruit. La M-30, périphérique en rénovation dans le but de désengorger le centre-ville, est de plus en plus contestée. Usagers et écologistes dénoncent l’augmentation de la pollution, des bouchons, et du nombre d’accidents. Chronique d’un chantier polémique…
Le tunnel Bonaparte (Photo Foro Movilidad Sostenible) Selon une enquête publiée en janvier 2007 par la mairie de Madrid, 64,3 % des Madrilènes déclarent "aimer la M-30". Pourtant, le projet, amorcé en septembre 2004, fait presque tous les jours la une des journaux. En août dernier, le Real Automovil Club de España (RACE) et le Real Automovil Club de Cataluña (RACC) qualifiaient la M-30 de "voie en travaux la plus dangereuse d’Europe". Deux mois plus tard, deux ouvriers travaillant sur un échafaudage dans un tunnel du chantier faisaient une chute mortelle de 18 mètres. En novembre 2006, l’association Ecologistas en Acción a révélé que le taux de contamination de l’air prélevé aux abords des travaux était dix fois supérieur aux limites établies par la loi. Surveillée de près par Bruxelles, la M-30 ne disposait pas, jusqu’à il y a peu, de rapport sur son impact environnemental. Lors de l’inauguration du principal tunnel de la M-30 mercredi dernier, le maire de Madrid, Alberto Ruiz Gallardón, faisait fi des critiques et célébrait "la déroute du conformisme et du manque d’initiative". "Yo amo la M-30" L’association Plataforma M-30 no más coches, estime que le coût des travaux (plus de 4 milliards d’euros) équivaut à une dette s’étalant sur plus de 30 ans pour les contribuables de la capitale. Alors que la mairie de Madrid envisage de favoriser les accès aux espaces verts, elle reconnaît par ailleurs que la totalité des travaux nécessitera l’abattage de plus de 12.000 arbres. Initiative fantaisiste d’un collectif d’architectes, d’écologistes et de citoyens, la vidéo Yo amo la M-30 retrace un parcours touristique organisé sur le tronçon en travaux pour provoquer une réflexion sur l’usage de l’automobile. Trop cher, trop dangereux, trop pollué, le tronçon en rénovation rencontre beaucoup de détracteurs. De son côté, Alberto Ruiz Gallardón, à l’initiative du projet, se veut rassurant et prévoit la fin des travaux aux alentours de mars 2007. Elsa HELIAU (www.lepetitjournal.com) 6 février 2007 Vidéo Yo amo la M-30 disponible sur : www.basurama.org Plataforma M-30 no más coches: www.foromovilidadsostenible.org/m30/ Mairie de Madrid : www.munimadrid.es/Principal/adjuntacielo.asp?pagina=/ Lire aussi : www.20minutes.es El Pais Madrid Digital El Mundo |