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MUSIQUE - Thomas Aussenac, un frenchy à Barcelone |
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mardi 30 janvier 2007 |
Avec son patchwork d’influences musicales, entre un Brassens enjoué et un Vincent Delerm nonchalant, Thomas Aussenac apporte un souffle nouveau au rock français. Ancien membre du groupe clermontois Bishop, il s’attaque dorénavant seul à la scène espagnole, en anglais et en toute simplicité… Seul avec sa guitare et sa voix, il donnera son 9ème concert dans la ville catalane, samedi au Big Band, carrer Botella dans le Raval
Thomas Aussenac
Lepetitjournal.com : Pourquoi, en tant que Français vivant à Barcelone, avez-vous choisi de chanter en anglais ? Thomas Aussenac : Pour moi, l’anglais est la langue officielle du rock. Le seul exemple, pour moi, d’un bon rock en français c’est Noir Désir, qui a réussi à faire sonner cette langue sur des accords rock. Sinon les exemples restent minces car l’anglais, de par sa prononciation et sa syntaxe colle parfaitement à la mélodie rock. De plus, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne plus particulièrement sont les berceaux de la culture rock : que ce soient les Beatles, Elvis, U2 ou encore Jimi Hendrix, tous ceux qui ont réellement bouleversé la scène rock l’ont fait en anglais. Choisir de chanter en anglais c’est juste, pour moi, faire le choix de plus de musicalité.
LPJ : De quoi s’inspirent vos textes ? Est-ce que comme certains groupes de rock contestataires vous apportez un regard politique et engagé sur le monde qui vous entoure ? T.A : Mes textes parlent essentiellement de la vie quotidienne et des relations sentimentales. Sans tomber dans des niaiseries comme "I love you baby", je crois que l’engagement ne se fait pas qu’au niveau politique en musique mais qu’il se fait par la capacité que tu as à donner et à t’engager dans ce que tu fais. Il ne suffit pas de taper sur un gouvernement ou sur un homme politique pour se parer, selon moi, du titre d’"engagé". Si je me considère comme engagé aujourd’hui, c’est surtout parce que je fais ce que j’aime jusqu’au bout et de façon entière. Et quoi de plus facile pour mettre une bonne partie de la population d’accord que de casser du sucre sur le dos de Le Pen ? C’est bien plus difficile selon moi, d’essayer de dire des choses intelligentes sur des sentiments ressentis par chacun d’entre nous.
LPJ : À l’écoute de votre maquette, j’ai retrouvé le ton de voix et de nonchalance presque blasé de chanteurs de la scène française comme Delerm ou Jean-Louis Murat. Pourquoi ne pas opter pour un ton plus léger ? T.A : J’aimerais avoir le talent d’un Brassens ou d’un Souchon pour pouvoir chanter le bonheur et la joie de vivre tout en étant infiniment profond. La légèreté est selon moi ce qu’il y a de plus difficile à transmettre et à chanter et puis après Brassens, que faire ? Finalement, je crois que je fais comme je peux. Ce n’est pas un choix d’appartenir à cette génération de chanteurs nonchalants, je crois que c’est juste l’émotion que j’arrive le mieux à transmettre avec le ton de ma voix.
LPJ : Pourquoi avoir choisi de venir vivre à Barcelone ? T.A : Mis à part le fait qu’on m’ait proposé un emploi ici, Barcelone est avant tout une ville dont le rythme de vie me plaît. Je suis de Clermont-Ferrand, j’ai vécu à Paris, mais aucune ne m’a satisfait. Paris est trop grise et trop stressante. Et Clermont après avoir connu la vie de la capitale manque de piquant. À Barcelone, il y a le beau temps, et surtout le temps pour vivre. La culture n’est pas dans des lieux clos comme à Paris, où tout se joue ou presque dans des musées, des salles de cinéma, des théâtres. Pour moi, à Barcelone, la vie culturelle se fait avant tout dehors, sur les places, dans les rues. On prend un café en terrasse et on profite… Propos recueillis par Sarah ROBLOT (www.lepetitjournal.com) Barcelone - mercredi 31 janvier 2007
www.thomaus.com www.myspace.com/thomasaussenac
Concerts : 03/02/07 au Big Bang – Carrer Botella, 7 – 08 001 Barcelona / 934 432 813 17/02/07 au A.L.A – Carrer dels Salvadors, 20 – 08 001 Barcelona |