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A trois mois du premier tour des élections présidentielles, lepetitjournal.com a interrogé quelques Français installés en Espagne. Entre coups de gueule et bonne humeur, ils nous ont livré leur vécu d’électeurs expatriés, leurs opinions sur le devoir de voter et l’importance de s’informer. Roberto, 35 ans, responsable d’un bureau de presse "J’ai été inscrit automatiquement sur les listes électorales, en allant faire mon inscription au Consulat. Je n’ai d'ailleurs jamais manqué une seule élection. Ayant la double nationalité franco-espagnole, j’ai toujours participé aux scrutins des deux pays. Cette année c’est un marathon qui m’attend, avec les présidentielles et les législatives françaises et les régionales et municipales ici. Mais ça va, je ne suis pas encore complètement schizophrène ! Ça peut paraître vieux jeu, mais pour moi le civisme reste une valeur primordiale. Venant d’une famille exilée espagnole, qui n’a pas eu le droit de vote durant des années sous la dictature, j’ai toujours eu conscience de l’importance de voter. C’est un droit et un devoir. Pour me tenir informé, je privilégie de plus en plus Internet, plus rapide. La presse espagnole de plus, couvre très bien la campagne présidentielle."
Camille, 34 ans, journaliste "J’ai déjà vécu des élections présidentielles de l’étranger. C’était aux Canaries et j’avais alors voté par procuration. Voter est pour moi essentiel. Je ne comprends pas les gens qui critiquent un système sans voter. Je ne suis pas très convaincue de l’efficacité de ma voix mais, même si c’est une goutte d’eau, c’est déjà ça. Et bien sûr, il y a la peur de ce qui s’est passé il y a cinq ans. Il y a aussi l’importance de participer en tant que femme. C’est un droit pour lequel certaines se sont battues. En général je me tiens au courant par Internet, que je préfère aux milliers de pages des journaux papier. Je lis plutôt la presse française à ce sujet, qui est très bien distribuée à Madrid."
Denis 23 ans, ingénieur "Je suis inscrit en France, mais je vais essayer de faire une procuration ici et l’envoyer à mes parents en France. Il me semble important de voter car c’est non pas un devoir, mais un droit civique donc autant en user et en abuser. En plus je pense qu’en ce moment il y a pas mal de choses à faire donc il faut s’y intéresser et puis avec les candidats qu’on nous propose on va essayer de choisir le moins mauvais…Vivre sa citoyenneté à l’étranger me semble assez difficile, car on a très peu d’échos. Donc à moins de s’y intéresser nous-mêmes en passant par Internet ou par les chaînes câblées, on n’a pas vraiment conscience de ce qui se passe. Mais, j’essaye quand même de me tenir informé à partir des journaux en lignes comme Lemonde.fr ou France 24."
Sandrine 26 ans, conseillère d'orientation "Je vais voter par procuration. Il me semble important de voter pour ces élections car elles me semblent assez déterminantes pour le futur politique de la France. J’ai toujours voté depuis que j’ai l’âge de voter. Comme je travaille dans un contexte français, je suis au courant de l’actualité politique et sociale. J’ai accès aux médias français, j’essaye de me tenir informée pour préparer mon retour en France. J’ai passé la majorité de ma vie là-bas donc je me sens forcément concernée. C’est notre futur qui est en jeu. À l’étranger on vit les grands moments de la campagne et beaucoup moins les polémiques électorales. Cela implique une démarche personnelle pour arriver à se forger une opinion." Guy, 47 ans, informaticien "Je suis inscrit sur les listes du Consulat comme je suis assez scrupuleux, et je n’ai pas loupé un seul scrutin. Je vote également pour les élections des Français à l’étranger. Mes parents sont enseignants et ils m’ont toujours fait prendre conscience de l’importance du vote. C’est une façon de voir les choses car je pense que l’on n’a pas toujours l’occasion de s’exprimer. Le vote c’est une façon de manifester son refus, de faire un pari sur quelqu’un. Comme je suis immigrant je crois que c’est un bon moyen de faire l’Europe. Il y a cinq ans par exemple, il m’a semblé important de voter dans des circonstances extraordinaires. Je me tiens au courant par Internet et les programmes de télévision française. À la maison, avec mes enfants j’essaye depuis toujours de maintenir un "bain francophone"." Propos recueillis par Elsa Heliau et Laurence Danthony (www.lepetitjournal.com) - mardi 30 janvier 2007 |