|
SOCIETE - Les Chinoises de Bacau se rebellent |
|
|
|
mardi 30 janvier 2007 |
L’affaire Wear Company n’est pas courante : 300 employées chinoises d’un atelier de confection de Bacau ont décidé de faire grève. Certaines auraient par ailleurs violenté leur patron et sont sur le point de claquer la porte
Les employées chinoises ont notamment demandé un salaire de 700 euros. (Photo: hotnews.ro)
Il y a une semaine, Sorin Nicolescu, le directeur de la société de confection textile Wear Company de Bacau (est du pays), affirmait avoir été "attaqué à coups de fourchettes et de cuillères" par plusieurs dizaines de ses employées chinoises. Il compte toujours porter plainte contre celles qui l’ont agressé. Tout a commencé vers le 20 janvier, quand les 300 employées chinoises de la Wear Company de Bacau, qui logent au sein même de l’entreprise, ont commencé une grève afin d’obtenir une augmentation de salaire conséquente (700 euros) et de meilleures conditions de travail. Face à leur détermination et, d’après Sorin Nicolescu, leur "attitude violente", la direction de la société a décidé de renvoyer les protestataires dans leur pays. Prêt à payer leur billet retour en Chine, Sorin Nicolescu avait résilié le contrat de 280 d’entre elles. "J’attends déjà 300 nouvelles employées, toujours de Chine, à partir du 15 février", avait-il déclaré.
Des négociations sans succès Pourtant les représentants syndicaux, ceux de l’ambassade de Chine à Bucarest et la direction de la société pensaient être arrivés à un accord il y a quelques jours en proposant un nouveau contrat assurant un salaire d’environ 650 euros, au lieu des 250 euros que ces employées chinoises gagnaient jusqu’à présent. Interrogée par le LPJ, Angela Bogea, vice-présidente du conseil départemental de Bacau affirme que "sept employées sont déjà reparties samedi dans leur pays (…) La situation est très compliquée, si certaines veulent rester, elles suivront de toute façon celles qui veulent partir et viennent de la même région en Chine".
La mode de recruter en Asie A la mi-2006, Wear Company avait fait la une de plusieurs quotidiens après avoir recruté ces 300 ouvrières chinoises, suite à la pénurie de main-d’œuvre locale. Une tendance qui pourrait s’accentuer car plusieurs autres sociétés roumaines, notamment dans le BTP, pensent déjà à recruter des ouvriers venus d’Asie. Concernant le secteur textile, Maria Grappini, présidente de l’Agence patronale de l’industrie textile, estime que "les grands investissements ont besoin d’une main d’œuvre de qualité qui ne se trouve plus en Roumanie car les meilleurs spécialistes sont déjà partis à l’étranger." Mais attention, l’affaire Wear Company prouve que les ouvrières chinoises ont du tempérament. F.C. (www.lepetitjournal.com) Bucarest - mercredi 31 janvier 2007 |