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JUSTICE - Les avocats prennent leur défense |
Hier, les avocats de France se sont mobilisés pour protester contre la loi Perben II. Au-delà de l’affaire France Moulin, c’est tout le texte que les avocats rejettent en bloc, l’accusant de fragiliser les droits de la défense
Une journée de mobilisation nationale des avocats pour protester contre Perben II. (Photo : AFP)
Les avocats sont de nouveau descendus dans la rue hier, après une première journée de mobilisation organisée il y a quinze jours. Réunis à une date symbolique –le jour de la Saint-Yves, le saint patron de leur profession-, ils ont de nouveau protesté contre la loi Perben II, reprochant au texte de fragiliser les droits de la défense.
A Paris, Toulouse, Marseille, Lille, les avocats se sont mobilisés, vêtus de leur robe, un bandeau noir sur la bouche. Dans la capitale, ils étaient plusieurs centaines à se regrouper devant le palais de Justice. Jean-Marie Burguburu, le bâtonnier de Paris, était au rendez-vous. Il a organisé une séance exceptionnelle du Conseil de l’Ordre, ouverte au public, qui s’est tenue dans la salle des pas perdus du Palais de Justice. Les différentes organisations de représentation de la profession ont en profité pour rappeler l’importance de la mobilisation. Françoise Cotta, présidente de Justice Action Liberté (JAL) s’est adressé au bâtonnier de la capitale, lui demandant plus de soutien, afin de « faire respecter » les avocats.
Abroger Perben II
A l’origine de la mobilisation, l’affaire France Moulin, l’avocate toulousaine incarcérée pour avoir divulgué des informations relevant du dossier d’instruction à sa client.
Mais au-delà du simple soutien à une consoeur, les avocats demandent désormais tout bonnement l’abrogation de la loi Perben II.
Le Conseil national des barreaux s’est réuni samedi dernier pour rédiger un texte reprenant les revendications des avocats. Parmi leurs priorités, ils souhaitent que le ministre revoie notamment les articles de loi qui autorisent les perquisitions et les écoutes téléphoniques dans les cabinets d’avocats.
Mais surtout, au coeur de la discorde se trouve la nouvelle procédure du plaider-coupable. Les avocats exigent qu'elle soit totalement reconsidérée. En vigueur depuis octobre 2004, elle au prévenu d’éviter un procès, la peine étant négociée par un procureur et l’avocat de l’accusé.
Dominique Perben, le ministre de la Justice ne semblait pas prêt à revenir sur son texte. Il est cependant prévu qu’un groupe de travail composé d’avocats se réunisse avec le ministre le 7 juin prochain.
Julie SAMIT. (LPJ) 20 mai 2005
En savoir plus :
Le Monde, Le plaider-coupable s’installe dans une grande confusion
Le Monde, « Ça nous a évité de tout déballer devant les gens »
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