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L’Europe comme les Etats-Unis doivent faire face à l’explosion des exportations de textile chinois. Par des mesures de limitation des importations, ils entendent défendre leurs emplois. Les autorités chinoises se montrent cependant réticentes à toute restriction
Avec une production en incessante augmentation, la Chine inquiète les autres pays producteurs de textile (Photo AFP)
La Commission Européenne a déclenché mardi dernier la procédure d’urgence qui, après négociations, doit permettre l’établissement de quotas pour les T-shirts et les fils de lin en provenance de Chine. Depuis quelques mois, les conséquences de la levée des quotas à l’exportation de vêtements chinois, le 1er janvier 2005, se font fait sentir. Les professionnels européens du textile avaient tiré la sonnette d’alarme dès le mois de mars, et demandé à la Commission Européenne de prendre des mesures afin de sauvegarder l’emploi.
La décision européenne a été saluée par François Loos, ministre délégué au Commerce extérieur. Jacques Chirac a cependant jugé ces mesures « importantes mais pas encore suffisantes ». Il souhaiterait en outre que les limitations soient étendues à d’autres produits textiles, dans le cas ou la Chine ne modèrerait pas ses exportations.
La Chine n’est pas prête à faire des concessions
Le ministre du Commerce chinois, Bo Xilai, a quant à lui rejeté toute autolimitation des échanges en provenance de son pays. Il a qualifié de « protectionnistes » les mesures que souhaitent prendre l’Europe comme les Etats-Unis et estime qu’elles sont contraires aux règles de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC).
Les Etats-Unis semblent en effet se heurter aux mêmes difficultés que l’Union Européenne. Après avoir annoncé pour la fin du mois le rétablissement de quotas sur trois produits chinois (chemises en coton, pantalons en coton et sous-vêtements en coton et fibres synthétiques), ils viennent en effet d’ajouter à cette liste quatre autres catégories de produits textiles.
La commercialisation accrue de vêtements et tissus chinois menace l’emploi de la branche dans les pays industrialisés, mais aussi dans les autres pays producteurs. Ainsi le Maroc, l’Inde ou le Sri Lanka, à la production plus fragile, se retrouvent aussi dans une situation critique.
Des négociations devraient avoir lieu prochainement à l’OMC, afin de résoudre les problèmes induits par l’augmentation des exportations chinoises.
Aurélie MARCILLAC (LPJ) 20 mai 2005
La Chine et l’OMC
Afin de permettre l’adaptation des marchés locaux à l’entrée de la Chine dans l’OMC, et donc à la levée des quotas sur ses exportations textiles, certains recours ont été prévus. Le protocole d’adhésion de la Chine à l’OMC permet, en cas de "dérèglement" du marché intérieur d’un pays membre, la possible limitation des exportations textiles chinoises. La clause prévoit un plafonnement des exportations chinoises et implique la mise en place de négociations entre les pays concernés. Ces limitations sont provisoires et la clause de sauvegarde ne pourra être invoquée que jusqu’au 1er janvier 2008. (LPJ - 20 mai 2005)
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