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Fiat qui perdait 2 millions d’euros par jour en gagne maintenant 5. Ce défi a été relevé par Sergio Marchionne, un Italo-canadien. Retour sur un redressement spectaculaire
Photo Fiat - Sergio Marchionne, Amministratore delegato et Direttore generale de Fiat En ce début 2007, le manager le plus encensé du monde industriel occidental est Italo-canadien : Sergio Marchionne, patron (AD, amministratore delegato) de Fiat. Successeur surprise de Giuseppe Morchio après le décès d’Umberto Agnelli, il vient en moins de trois ans de transformer un groupe dont la fin semblait proche. Il a tout d’abord réussi une négociation avec General Motors qui a accepté de verser 1,55 milliard d’euros pour être délivré de l’obligation de racheter Fiat si celle-ci le lui demandait. GM a ainsi abandonné sa participation, a dissous la joint-venture et s’est retiré de pratiquement toutes les coopérations avec Turin. Fort de ce succès, le nouvel AD s’est tourné vers les huit banques associées dans un prêt de 3 milliards d’euros à convertir en participation en septembre 2005. Fin 2006, celles qui avaient suivi l’opération ont dégagé une plus-value de 100% et la famille Agnelli a porté sa participation de 22 à 30%. Marchés et syndicalistes séduits La priorité a ensuite été donnée aux activités industrielles reposant sur des hommes nouveaux. En deux ans, 90% des cadres supérieurs ont été remplacés par promotion interne. Les nouveaux modèles ont fleuri et la qualité a rattrapé les meilleurs standards. La publicité a été réorientée vers les produits et les clients et non plus sur la marque. Les résultats de 2006 impressionnent. Dans l’Europe des 15, le marché global a crû de 0,7% mais de 17,6% pour le groupe avec 22,1% pour la marque Fiat. D’ici à 2010, seront lancés 23 nouveaux modèles. Fiat qui perdait 2 millions d’euros par jour, en gagne maintenant 5. L’action ordinaire descendue à 4 euros, dépasse les 15, l’endettement a été réduit, les agences de notation ont revu leurs jugements. Les leaders syndicaux les plus coriaces chantent les louanges de ce dirigeant qui "refuse l’équation bonne gestion égale licenciements". Bien sûr, le groupe reste loin de la position des années 60 mais les accords avec Tata en Inde et avec les Russes préparent un brillant avenir. Marchionne, homme de l’année et homme de l’avenir. Jacques FAYETTE, pour lepetitjournal.com Milan - 25 janvier 2007
Jacques Fayette est professeur émérite à l'université Lyon 3 et membre de l'Académie des sciences, arts et belles lettres de Lyon. En savoir plus sur le redressement de Fiat : article.pdf Le site personnel du professeur Jacques Fayette : http://perso.orange.fr/prof.fayette |