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POLITIQUE ECONOMIQUE - Déçues de la délocalisation, certaines entreprises reviennent en France Version imprimable Suggérer par mail

Ecrit par Herve HEYRAUD, le 22-01-2007 23:00

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Atol, La Mascotte, Samas, Sullair : certaines entreprises décident de revenir produire en France après avoir délocalisé. Les gains attendus par la délocalisation se sont révélés bien souvent moins attrayants qu'escompté.
Elles se comptent encore sur les doigts de la main et le phénomène est noyé dans les statistiques sur l'investissement. Mais il est bien réel. Depuis quelques mois, plusieurs entreprises françaises qui avaient délocalisé une partie de leur production sont revenues dans l'Hexagone après avoir découvert que l'herbe n'est pas toujours plus verte dans le pré du voisin. Les raisons qui viennent de conduire le fabricant de mobilier de bureaux Samas à relocaliser une partie de sa production de caissons de bureaux en Picardie (Les Echos du 18 décembre) sont claires : pour l'entreprise qui emploie un peu moins de 800 personnes, les gains de coût de production obtenus en Chine - environ 20 % par rapport à la France - se sont avérés être pour moitié absorbés par le niveau des frais de transport. "Nous nous sommes dit qu'il était possible de combler l'écart de 10 % qui subsistait", expliquait il y a quelques semaines aux Echos le PDG de l'entreprise, Vincent Gruau. Une démarche qu'a également suivie Sullair Europe (160 personnes en France). A la mi-2005, ce fabricant de compresseurs à air pour l'industrie a en effet relocalisé en France une partie des opérations d'assemblage jusqu'alors réalisées à Istanbul et Shenzen. "Nous avons beaucoup travaillé sur l'amélioration de la productivité et, au bout du compte, notre coût de production a été réduit de 10 %, notamment grâce à la baisse du coût de transport, alors même que celui de la main-d'oeuvre était dix-sept fois inférieur en Chine", explique-t-on au sein de la société.

Proximité nécessaire
C'est cette même nécessité de proximité entre les lieux de production et la clientèle qui a conduit La Mascotte, société de tricotage de la région roannaise, à relocaliser une grande partie de ses productions. "Comme la plupart de nos confrères, nous avons fait du sourcing dans les ex-pays de l'Est et en Afrique du Nord. Et puis, il y a quatre ans, nous sommes revenus à une production locale", affirme Georges Lustigman le responsable de l'entreprise. Seule solution selon lui de répondre au mieux aux besoin de ses clients avec suffisamment de réactivité.
"
Choix citoyen"
La motivation est toute différente pour la coopérative d'opticiens Atol. La seule sans doute à revendiquer dans sa démarche d'être inspirée du "patriotisme économique" que les pouvoirs publics français n'hésitent plus à mettre en avant. Dans un premier temps, en octobre 2005, elle a rapatrié de Chine au Jura une partie (5 %) de la production de ses montures. Et elle vient de décider de franchir une nouvelle étape en implantant à Beaune, en mai prochain, une plate-forme regroupant la logistique et l'approvisionnement, un atelier de montage, un pôle administratif et un centre de téléventes. « Nous pouvions localiser pour un coût moindre à l'étranger le centre d'appels et le montage, mais nous n'avons pas cédé à la tentation, en pariant sur la qualité et une meilleure efficacité du travail en France », explique Philippe Peyrard, directeur général délégué d'Atol, qui compte près de 700 enseignes en France et en Suisse et emploie près de 1.700 personnes. Et de préciser qu'il s'agit avant tout d'un "choix citoyen" des opticiens qui se sont engagés à réduire leurs marges de manière que ce choix n'ait aucune incidence sur le prix de vente.
CLAUDE FOUQUET, de notre partenaire www.lesechos.fr – mardi 23 janvier 2007


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