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En début de semaine dernière, tout un immeuble du centre de Bucarest a du être évacué. Andrei Ioan Chiliman (parti national libéral, PNL), maire du secteur 1 de Bucarest, était sur les lieux, pris à partie par les locataires de l’immeuble qui ne voulaient pas être délogés. Le LPJ l’a rencontré notamment pour en savoir plus sur l’état des bâtiments de la capitale
Andrei Ioan Chiliman, maire du secteur 1 de Bucarest. (Photo : cdep)
LPJ - Que s’est-il passé en début de semaine dernière, pourquoi les locataires de tout un immeuble du centre de Bucarest ont-ils du être évacués?
Andrei Ioan Chiliman - L’immeuble du 60-62 de la rue Grivitei a été construit en 1910, avec les matériaux et techniques de l’époque. Il a été classé monument historique. Aujourd’hui, il est insalubre et peut tomber à tout moment… Plusieurs familles habitaient là légalement, d’autres personnes occupaient les lieux sans contrats de logement. Après une étude rapide de l’état de l’immeuble et la chute d’un pan de mur, la mairie générale de Bucarest a pris la décision de l’évacuer. En tant que maire du secteur concerné, je me suis rendu sur les lieux dans la nuit de lundi à mardi, une heure après la décision de la mairie générale d’annuler les contrats de logements.
LPJ - Que vont devenir les locataires évacués de l’immeuble?
Andrei Ioan Chiliman - J’ai fait une proposition de relogement dans un centre d’hébergement d’urgence à la sortie de Bucarest aux détenteurs de contrats légaux. Ils ont refusé, pourtant il y avait des enfants. Si l’aide temporaire des autorités est repoussée, c’est à eux de se débrouiller. Le problème ne concerne plus la mairie générale.
LPJ - Quelles sont les raisons du mauvais état des vieilles habitations de Bucarest ?
Andrei Ioan Chiliman - La majorité des bâtiments mis en location par la mairie ont été bâtis avant la période communiste et nationalisés à partir de 1945-1950. Ce sont donc des maisons anciennes, dont 90% sont encore gérées par l’Etat, par l’intermédiaire de la mairie générale de Bucarest. Les procédures de restitution durent des années, les dossiers des propriétaires qui réclament leur terrain traînent et pendant ce temps-là, la mairie générale perçoit des loyers sans pour autant investir dans l'aménagement des habitations. Elle se comporte, selon moi, en propriétaire irresponsable.
LPJ - Quels efforts de rénovation sont réalisés dans votre secteur ?
Andrei Ioan Chiliman - Les écoles, les lycées et les maisons du secteur 1 subissent un contrôle sismique. Cinq hôpitaux sont en cours de consolidation car Bucarest a connu de nombreux tremblements de terre. Ceux de 1940, 1977, 1985, 1991 et 1996 ont été particulièrement forts et longs. Cela explique aussi le mauvais état des vieilles maisons. D’autres bâtiments sont dans cette situation. La mairie générale va devoir prendre les mesures qui s’imposent. Heureusement, concernant l’immeuble de la rue Grivitei, il n’y a pas eu de blessés. Propos recueillis par Marianne Rigaux (www.lepetitjournal.com) Bucarest - lundi 22 janvier 2007 |