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"Vive la bourgeoisie", "clic", "coupé du monde", peu de Français à Berlin ont échappé à ses dessins et à ses mots drôles, provocateurs ou énigmatiques, jetés en bleu ou en rouge sur des affiches collées aux quatre coins de la ville. Sylvain Perrier, peintre et colleur d’affiches, est un vieux routard de Berlin, nostalgique de Mitte en squat et des murs encore vierges. Au petitjournal.com, il parle du streetart et de ses doubles Les voeux de Sylvain Perrier pour la nouvelle année. Photo. SP38 S. P. : Je suis venu à Berlin en 1995 pour participer à une expo qui était à Mitte, au Tacheles. A l’époque, le quartier était très alternatif, c’était comme un grand squat, beaucoup d’immeubles vides, de terrains vagues. Tout était possible, sans être hors la loi, on pouvait faire du nouveau dans l’ancien. On retrouve un peu ça à Friedrichshain maintenant, mais ça change très vite. A Mitte, comme ça devient très très clean, je trouve ça marrant de faire une résistance artistique, en mettant des images dans des lieux qui restent encore un peu délabrés. Les messages sont drôles, ils ont un côté pacifique.
LPJ. Quel est le rapport entre tes toiles, plus durables, et les affiches éphémères, destinées à fonctionner très vite ? S. P. : Je crois que ça se complète. Le streetart c’est quelque chose de très spontané. C’est une suite de l’atelier, c’est aussi fait à l’atelier mais ce sont peut-être des morceaux de ce qu’on trouve sur les toiles. Il y a beaucoup de mots aussi, j'aime bien écrire les choses. C'est un travail par rapport à l’écriture, à la calligraphie, on la reconnaît assez vite. C’est un peu comme faire de la publicité, il y a un jeu. Ce sont des œuvres, qui restent ou qui ne restent pas, qui évoluent, entre la première affiche et la prochaine, il y a de petites différences. C’est à la fois un travail éphémère et à long terme. LPJ. A Berlin, on ne sait plus trop si les espaces publicitaires dans la rue sont officiels ou officieux. Est-ce que tu as l’impression que la frontière entre streetart et publicité est plus floue ici ? S. P. : Il y a des affiches publicitaires qui deviennent des choses illégales et aussi comme des œuvres d’art. Il y a une sorte de concurrence peut-être. Moi, j’essaye de mettre mes affiches là où il n’y a rien, ou alors avec d’autres artistes. Il y a un truc assez bizarre à Berlin, c’est que l’affichage n’est pas vraiment autorisé. Donc maintenant il y a beaucoup de choses commerciales qui reprennent le processus du streetart. Il y a quelques années il y avait très peu d’affiches commerciales dans Berlin, juste quelques grands panneaux. Maintenant ça déborde. Des gens comme moi, on essaye de mettre des choses là où il y a un jeu avec la ville, avec le monument, le bâtiment, là où ça peut rester quelque temps. Propos recueillis par Cécile BOUTELET. LPJ Berlin. www.lepetitjournal.com - mardi 30 janvier 2007 Sylvain Perrier est plus connu sous le nom de SP38, pseudonyme inspiré du nom du pistolet des policiers. Son site: www.sp38.com |