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Le marché de Thewes est un lieu propice pour faire "thamboun", une pratique porte-bonheur commune chez les Thaïs. Chaque jour, ils sont nombreux à venir en couple ou en famille pour acheter des animaux et les relâcher ensuite Un enfant jette du pain aux poissons depuis l’embarcadère de Thewes. Nourrir les animaux équivaut aussi à "thamboun". Ici, des milliers de poissons se concentrent pour gober le pain jeté chaque jour par kilos entiers par les Thaïs en quête de mérites (Photo Pierre Queffelec). Tous les jours, des dizaines de familles thaïes viennent à Thewes pour "thamboun", faire le bien en thaï. "Thamboun" est une sorte d’acte porte-bonheur par lequel les Thaïs bouddhistes espèrent acquérir des mérites pour leur future renaissance et améliorer leur vie actuelle. Il y a toutes sortes de façons de faire "thamboun". A Thewes, cela consiste à acheter poissons, coquillages ou tortues, et à les libérer ensuite dans la rivière : un acte qui équivaut à un don de vie. Le marché de Thewes, réputé pour ses aliments et ses plantes, l’est donc également pour ses animaux porte-bonheur, situés près de l’embarcadère. Selon Khun A, vendeuse d’animaux à Thewes, "au moment de Songkhran (le nouvel an thaï) la plupart des Thaïs donnent la vie en faisant thamboun ». Mais les naissances, mariages, ou encore les anniversaires sont également des moments propices. Khun A explique par ailleurs que la nature de l’animal libéré a une signification particulière. Si l’on relâche une tortue par exemple, on peut espérer avoir une vie plus longue. La libération de grenouille est censée protéger les esprits gardant une maison, le poisson-chat protège des ennemis, et les anguilles aident à une vie facile mêlant succès et argent, tandis que les coquillages apportent une sécurité dans les transports et les voyages. La quantité d’animaux libérée est également significative selon ses croyances. Le chiffre 9 étant porte-bonheur en Thaïlande, de nombreux pratiquants libèrent 9 ou 99 spécimens. D’autre part, la réalisation de ce rituel un jour d’anniversaire nécessite un nombre bien précis d’animaux. Oum, étudiante à Thammasat, fait "thamboun" une fois par an : "Pour mes 22 ans, j’ai relâché 24 poissons car il en faut toujours au moins un ou deux de plus que son âge pour assurer son avenir proche", explique-t-elle. Cherry, étudiante à Chulalongkorn, avoue quant à elle préférer relâcher des poissons en gestation "pour en libérer le plus possible, et avoir plus de chance dans le futur." Le marché Thewes, situé sur le port 15 de la Chao Phraya, est le lieu idéal pour quiconque souhaiterait découvrir cette coutume. Il est ouvert tous les jours jusqu’à 18h. Alicia Desprets (www.lepetitjournal.com - Bangkok) 26 janvier 2007 |