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Dans une interview télévisée accordée à Christine Ockrent et Jean-Marie Colombani pour l’émission France Europe Express diffusée dimanche soir sur France 3, Angela Merkel a déploré la politisation du débat sur l’euro en France
 Photo. Wikipedia Sereine et efficace, comme à son habitude, Angela Merkel s’est résolument posée, dimanche soir, en présidente de l’Union Européenne face aux journalistes français qui l’interrogeaient. Réaffirmant son attachement aux principes de la monnaie unique, elle s’est dit "inquiète" de constater que l’euro devient le "souffre douleur" des campagnes électorales successives en Europe, en Italie l’année dernière et maintenant en France. "Si nous voulons conserver la confiance dans l'euro, nous devons le laisser en dehors du débat politique, laisser à la Banque centrale son indépendance : c'est la position allemande, elle est très ferme". Elle a ainsi exclu la possibilité de réformer les statuts de la BCE, question régulièrement soulevée par les pays membres, notamment la France. Forte des excellents chiffres de l’économie de son pays, Angela Merkel a eu beau jeu de rappeler que la croissance n’était pas due à l’euro mais aux réformes adoptées par l'Allemagne depuis quelques années. "Nous avons transformé notre marché du travail ; beaucoup d'entreprises se sont restructurées. Nous avons eu un chômage très élevé, ce n'était pas une période facile", a-t-elle souligné. "La farine a un goût amer" Si Angela Merkel a déclaré "respecter" le non français au référendum, elle a cependant estimé que les "Français avaient intérêt à ce que les choses avancent" et les a invités à regarder les "bons éléments" du traité. Rappelant les avancées de l’"Europe concrète" (abolition des frontières, monnaie commune), elle a regretté que ces avantages soient parfois oubliés. "L'Europe souffre de son propre succès. On s'y est habitué, on se plaint, en Allemagne nous avons l'expression : 'quand la souris est repue, la farine a un goût amer’". Cécile Boutelet. LPJ Berlin. (www.lepetitjournal.com). mardi 16 janvier 2007 L'intégralité de l'interview publiée sur lemonde.fr. |