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CINEMA - Cristi Puiu en colère |
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dimanche 14 janvier 2007 |
Cristi Puiu, le plus primé des cinéastes roumains, est en colère. C’est la deuxième fois que le Centre national cinématographique (CNC) refuse de financer ses projets. En ligne de mire, les membres du CNC, jugés “corrompus” par la génération montante des jeunes réalisateurs roumains
Le réalisateur Cristi Puiu. (Photo: Franck Hamel pour le LPJ)
“Ce qui se passe est une preuve irréfutable du manque de professionnalisme et de l’irresponsabilité du Centre national de la cinématographie (CNC)… L’argent va vers des projets qui n’apportent rien”, s’insurge le cinéaste Cristi Puiu récemment interrogé par le LPJ. Sa colère vient du refus du CNC de financer ses futurs projets, rejetés au profit d’autres réalisateurs et producteurs qui seraient notamment “plus proches” des membres du Centre. C’est la deuxième fois que le CNC refuse de financer Cristi Puiu. La mort de monsieur Lazarescu, considéré comme l’un des meilleurs films de l’année par les critiques américains et primé à Cannes en 2005 dans la catégorie “Un Certain regard”, n’avait à l’origine pas été retenu par le CNC. Il aura fallu que le cinéaste gagne l’Ours d’or à Berlin avec son court-métrage Des cigarettes et du café pour que le ministère de la Culture fasse pression et que le film soit enfin financé.
Un mode de financement corrompu Deux autres cinéastes, Corneliu Porumbiu (lauréat de la Caméra d’or à Cannes) et Thomas Ciulei, soutiennent Cristi Puiu dans sa démarche de protestation. “Il est évident que le système de financement des productions cinématographiques roumaines est corrompu”, a déclaré au journal Cotidianul Thomas Ciulei. De son côté, Corneliu Porumbiu pense que la réaction de Cristi Puiu, relayée dans plusieurs journaux, “est tout à fait normale. A chaque concours c’est la même chose, ça ne peut plus durer. Sans ce type de problème, Puiu en serait déjà à son cinquième long métrage”. LPJ a essayé à plusieurs reprises de contacter le directeur du CNC, Eugen Serbanescu, mais sans succès. En manque de financements, Cristi Puiu va désormais essayer de “trouver l’argent ailleurs. Je ne sais pas trop comment je vais faire (…) En tout cas, le ministère de la Culture devrait désigner une commission indépendante pour enquêter sur le CNC et ses financements”, estime-t-il. F.C. (www.lepetitjournal.com) Bucarest - lundi 15 janvier 2007 |