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Alexa Färber, jeune chercheuse allemande, vient de publier avec Riem Spielhaus une étude sur les associations musulmanes à Berlin*. Interviewée par lepetitjournal.com, elle analyse les changements introduits par la deuxième génération** dans l’islam berlinois Jeunes musulmans au grand spectacle organisé par l'association Insan en langue allemande. Berlin. Photo. Insan e. V.
Quelles sont les données nouvelles de la vie associative musulmane à Berlin ? A. F. : On remarque d’abord qu’on a affaire à des gens qui ont une très bonne connaissance de l’espace urbain. Beaucoup d’adhérents ont une vie professionnelle, certains ont fait des études de droit, ce sont des gens capables de gérer une association dans ses différents aspects, notamment juridiques et financiers. De ce point de vue, les acteurs associatifs vont pouvoir participer à la vie de la cité, se positionner comme n’importe quel autre acteur. Comment a évolué la deuxième génération par rapport aux primo-immigrants ? A. F. : On observe que certains jeunes croyants s'orientent vers un nouveau mode de pratique musulmane. Ils cherchent à créer autre chose. Ainsi, on a de nouvelles associations, dont certaines ne sont pas associées aux mosquées de leurs parents. Cela a contribué à créer une concurrence entre les associations qui est très importante à relever. Cette concurrence se joue d'abord entre les générations : les anciens n’ont pas envie de laisser leurs responsabilités aux jeunes, qui les réclament. Ils ne ressentent pas le besoin de fréquenter les musulmans venus d’autres pays, ils sont beaucoup plus attachés à l'expérience de la migration, à leur langue. Les jeunes ont un tout autre état d'esprit, ils parlent l’allemand entre eux. Il y a aussi une concurrence dans l’offre proposée. Certaines associations ne s’adressent plus seulement à une nationalité, mais à une pluralité d’acteurs : par exemple dans le travail avec les jeunes. Dans ce même champ, les associations musulmanes sont en concurrence avec d’autres acteurs de la cité. Cette concurrence entre les associations permet un partage de l’autorité. Il n’y a pas de centralité. Chacun doit se justifier et en même temps plaire, intéresser les jeunes. Cette densité, cette pluralité permet le choix, ce qui reste à mon avis une donnée nouvelle de l’islam dans l’espace urbain. Propos recueillis par Cécile BOUTELET (www.lepetitjournal.com) Berlin - lundi 15 janvier 2007 *Islamisches Gemeindeleben in Berlin von Riem Spielhaus, Alexa Färber (Hrsg.) (ISBN: 3-938352-14-0) Pour télécharger l’étude : http://www.berlin.de/lb/intmig/publikationen/religion/index.html Etude publiée par le département Intégration et migration du Sénat de Berlin Potsdamer Straße 65, 10785 Berlin, Tel.: 030 / 90 17 23 57, E-Mail : Integrationsbeauftragter@auslb.verwalt-berlin.de ** On appelle "deuxième génération" les enfants des immigrés vivant dans le pays d'accueil. |