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SOCIETE - Violence conjugale : un triste bilan 2006 Version imprimable Suggérer par mail
dimanche 14 janvier 2007

En 2006, 68 femmes sont mortes des mains de leur conjoint ou époux. L’Espagne, qui semblait avoir pris ce problème à bras le corps, se heurte aux statistiques. La lutte contre les inégalités occupe désormais tous les médias
(Photo Amnistia Internacional)
Axe médiatique de la campagne de Zapatero en 2003, la violence de genre devient le premier grand chantier du gouvernement pour réduire le nombre de cas de maltraitance conjugale en Espagne. En 2004, la Loi de protection intégrale contre la violence a mis en place un ensemble de mesures allant du service de téléassistance, à l’aide pour la réinsertion, en passant par l’augmentation des effectifs policiers spécialisés dans la lutte contre la violence de genre. 
Pourtant, à l’heure du bilan de fin d’année, 1,8 millions de femmes présentent des signes physiques de maltraitance ou des comportements indiquant qu’elles en sont peut-être victimes. Selon le rapport élaboré par l’Instituto de la Mujer, ce chiffre représente une baisse de plus de 200.000 cas depuis 2002. Mais l'enquête publiée en décembre dernier par l’organisme dévoile la gravité des faits : 68 décès ont été enregistrés cette année, soit 8 de plus que l’année précédente. Seul point positif, la maltraitance déclarée diminue depuis 2002 (3,6 % des femmes, contre 4% en 2002).

Les médias pointés du doigt
Pour que les chiffres ne prêtent pas à confusion, le relevé du nombre de plaintes s’élabore à partir des informations communiquées par les médias et le ministère de l’Intérieur. Objet de concurrence entre  les différents services de police, la lutte contre la violence de genre souffrirait désormais d’une mauvaise médiatisation. Selon Pilar López Díez, chercheuse en politiques de genre et en communication, les médias, chargés de rendre public les agressions, ont tendance à "embellir" l’agresseur aux dépends de l’état de gravité de la victime. Ne pas dire "Une femme est morte suite aux blessures occasionnées par son époux" mais plutôt "Un homme a assassiné son épouse" est jugé plus adapté pour respecter l’impartialité de l’information. Cette scientifique irait même jusqu’à instaurer un bureau du genre au sein des rédactions, dans le but de soumettre les programmes à un contrôle externe plus exigeant.
Elsa HELIAU (
www.lepetitjournal.com) lundi 15 janvier 2007

Statistiques et loi contre la violence de genre sur le site de l’Instituto de la Mujer:
www.mtas.es/mujer/
Numéro d’urgence (gratuit) : 900 191 010
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