|
SOCIÉTÉ - Le lundi de Pentecôte devient officiellement un jour... foiré |
|
|
| Ecrit par Herve HEYRAUD,
le 15-05-2005 23:00
|
|
La grande journée nationale de solidarité voulue par le Premier ministre pour développer l’aide aux personnes dépendantes sera vécue aujourd’hui dans la plus grande cacophonie. En France, c’est touche pas à mon jour férié !
(photo AFP)
Un fiasco ! Le lundi de Pentecôte travaillé promet aujourd’hui d’être très peu suivi. Selon un sondage Dimanche Ouest-France, plus de deux personnes sur trois n’iront pas bosser pour des motifs divers. Congé offert, vacances, RTT, grève ou maladie : tout sera bon pour demeurer un jour de plus en week-end. Mais, en restant au lit ce lundi, les Français vont aussi infliger un camouflet au gouvernement Raffarin qui entendait les mettre de force au boulot.
Pourtant, au lendemain du drame de la canicule à l’été 2003 (15,000 morts parmi les personnes âgées), la journée nationale de solidarité partait d’une idée simple et généreuse : travailler une journée supplémentaire pour financer davantage l’aide aux personnes âgées et handicapées dépendantes. Le jour extra devait rapporter 2 milliards d’euros pour développer notamment l’aide à domicile et l’équipement des maisons de repos.
Au-delà du plaisir de buller dans le doux mois de mai, pourquoi une telle idée a-t-elle pu rencontrer autant d’hostilité et semer une telle pagaille ?
Pas d’adhésion entre Raffarin et les citoyens
La première raison tient sans doute à l’impopularité actuelle du gouvernement. Une mesure de cette nature nécéssitait une adhésion forte qui n’existe absolument pas entre les citoyens et leur Premier ministre actuel. Dire non au lundi de Pentecôte travaillé, c’est aussi un moyen d’envoyer paître le gouvernement, à dix jours seulement du référendum sur le traité européen.
La suppression du jour férié s’est aussi retrouvée mêlée au lobbying d’une partie de la droite et du Medef pour le rallongement général de la durée du temps de travail. En rajoutant une journée de boulot dans l’année, c’était aussi un recul sur les 35 heures pour les salariés.
De fait, la journée nationale de solidarité a soudé l’ensemble des organisations syndicales contre elle. Symboliquement, la CFTC, le syndicat chrétien, a appelé à la grève. Mais, plus avant, tous ont dénoncé l’effort national porté par les seuls salariés. Enfin, le manque de clarté et de fermeté du gouvernement sur le sujet a conduit à une situation sans précédent : une loi de la République apparaît comme optionnelle. Ainsi, les parents d’élèves de la FCPE ont appelé les élèves à faire l’école buissonnière.
Pas de doute, le lundi de Pentecôte est vraiment devenue une journée… foirée.
Thierry CLEMENT. (LPJ) 16 mai 2005
|