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Repos et Démence cohabitent à la Casa de Velazquez jusqu’au 14 janvier. Trois de ses quinze résidents y exposent leurs œuvres. Leur point commun ? La photo… photogravure pour l’une, photographie pour les deux autres. Cette double exposition est l’occasion de rappeler la vocation de cette prestigieuse maison qui participe au rayonnement interactif de la culture française à Madrid.
Les papillons de Clothilde Frappier se posent à la Casa de Velazquez Créée en 1920 sous Alfonso XIII, réputé pour être un roi avant-gardiste et très ouvert, la Casa de Velazquez, située en face de la Sierra de Guadarrama, doit son nom à son emplacement, où, selon la légende, le peintre aimait installer son chevalet. Ce centre de recherche à caractère scientifique, culturel et professionnel dépend du ministère de l’Éducation française et a pour but de développer la relation culturelle franco espagnole. Régulièrement, elle expose des œuvres de ses artistes résidents. Repos et Démence Les photogravures de papillons noir et blanc de Reposo investissent les murs de la galerie. Ces apparitions dégagent une forte et troublante sensation de beauté morte. "Ici, la mort n’est pas vue comme une fin en soi, mais comme un processus qui génère une intense et fascinante émotion esthétique", explique Clothilde Frappier qui présente son étude presque obsessionnelle du papillon. Dans Demencia, l’exposition de Patrick Tato Wittig et Dirk Hermann, photos et documents veulent amener les visiteurs à s‘interroger sur la perception contemporaine d’un lieu aussi polémique que la "Vallée de los caidos", énorme ensemble architectural édifié à la gloire de Franco par les mains d’hommes condamnés aux travaux forcés. Liberté et rigidité Le concept originel du site est confronté à la perception d’Espagnols et de touristes du XXIe siècle. Alors que l’Espagne commémore le 70e anniversaire de la Guerre civile, ces prises de vues architecturales apparaissent sous un angle presque archéologique. Si la mort est présente dans les travaux des trois artistes, cette double exposition révèle cependant deux sensibilités bien différentes. Les papillons de Clothilde Frappier suggèrent avec poésie une forme de liberté alors que les photos et les plans de Patrick Tato et de Dirk Hermann soulignent les formes rigides de l’architecture franquiste qui va a contrario de toute notion de liberté… Camille de la Rochère (www.lepetitjournal.com) 20 décembre 2006 Exposition – Rencontre Repos et Démence Entrée libre. Tous les jours de 10h à 20h, jusqu’au 14 janvier 2007 (fermeture du 23 décembre au 7 janvier) Casa de Velasquez – C/ Paul Guinard, 3 – 28040 Madrid - 91 455 15 80 – M° Ciudad Universitaria - www.casadevelazquez.org
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