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SALAIRES - Vers la parité hommes-femmes, mais sans coup de pouce |
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Nicole Ameline, ministre de la Parité, a présenté hier à l’Assemblée son projet de loi sur l’égalité des salaires. Un texte qui mise sur le dialogue entre partenaires sociaux, mais qui ne contraint pas pour autant les entreprises à négocier
Nicole Ameline gagne-t-elle autant que ses collègues masculins ? (Photo : AFP)
A poste égal, les femmes vont-elles enfin gagner autant que les hommes ? C’est en tout cas l’objectif que souhaite atteindre un projet de loi sur l’égalité des salaires, présenté hier à l’Assemblée par Nicole Ameline, ministre de la Parité. Soutenu par Jacques Chirac en début d’année, le projet est, selon les propos de la ministre, « une exigence sociale, économique et démocratique ».
Il faut dire que la parité des salaires n’a été jusqu’à maintenant qu’une douce chimère. L’Insee estime que les écarts actuels de salaires entre les hommes et les femmes peuvent parfois atteindre jusqu’à 25%. Les femmes occupant des postes de cadre sont encore plus durement touchées que les employées : 10% de moins pour ces-dernières, alors que les cadrettes perçoivent souvent 20% de moins que leurs homologues masculins.
Le projet de loi veut donc engager les partenaires sociaux à négocier dans les entreprises. Car, pour Nicole Ameline, il s’agit d’instaurer la parité des salaires dans un climat de « confiance et de responsabilité ».
Des mesures « insuffisantes »
Pourtant, le texte actuel reste flou, et pour le moment il n'est pas véritablement contraignant pour les employeurs : aucune sanction ne sera appliquée dans les trois prochaines années aux entreprises qui n’iraient pas dans le sens de la réduction des écarts de salaires. Passé ce laps de temps, un nouveau projet de loi est prévu pour taxer les employeurs réticents à la négociation.
Les seules mesures concrètes annoncées concernent le congé de maternité. Le projet prévoit que les femmes reprenant leur poste après un congé de maternité percevront une augmentation d’un montant égal à la moyenne des augmentations touchées pendant leur absence. Une façon de ne pas creuser les écarts lors du retour à la vie professionnelle. Côté employeurs, le gouvernement accordera une aide de 400 euros aux entreprises de moins de 50 salariés pour que soient remplacées les femmes partant en congé de maternité.
Jean-Marc Ayrault, président du PS à l’Assemblée a d’ores et déjà déclaré que ces mesures étaient « insuffisantes », et que les députés socialistes s’abstiendront lors du vote prévu en fin de semaine.
Julie SAMIT. (LPJ) 11 mai 2005
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