Plus de 1.700 exposants et 74.000 visiteurs se sont rendus à la Foire internationale du tourisme qui s'est déroulée à Buenos Aires du 25 au 28 novembre, montrant la vitalité d'un secteur en plein boom. Au troisième trimestre, 500.000 touristes sont arrivés en Argentine et les hôtels de luxe de la capitale affichent complet pour les fêtes de Noël.
La onzième Foire internationale du tourisme a réuni 1.600 exposants (photo LR/LPJ) Une capitale en pleine effervescence culturelle, des espaces naturels et un patrimoine exceptionnels, une relative sécurité, un taux de change favorable pour les étrangers, notamment les Européens à l'euro fort ... les atouts de l'Argentine en font aujourd'hui une destination de choix. La Foire internationale du tourisme (FIT), qui s'est terminée hier à La Rural de Buenos Aires avec un record de 74.000 visiteurs, a confirmé la bonne santé du secteur, l'un de ceux qui ont le plus profité de la dévaluation du peso. Au temps du peso indexé au dollar, les Argentins voyageaient facilement jusqu'en Europe et la balance commerciale du secteur était régulièrement déficitaire. Passé le gros temps de la crise, la tendance s'est radicalement inversée. Le pays est redevenu abordable et près de 500.000 étrangers ont passé la frontière au troisième trimestre, un record. "Aujourd'hui, le tourisme représente plus de 8% du PBI et presque 2 millions d'emplois. C'est le secteur d'exportations non traditionnelles le plus important de la République argentine", a déclaré Ricardo Roza, président de la Foire. De janvier à septembre, ce sont presque 1,5 million de touristes qui sont entrés dans le pays, soit une hausse de 15,7% par rapport à la même période de 2005, selon une enquête de l'Institut des statistiques (Indec) qui ne prend en compte que les entrées et sorties de l'aéroport international d'Ezeiza. 13 jours en moyenne Quel est le profil de ce touriste? En grande majorité, il vient pour les vacances (60%), il choisit un hôtel 4 ou 5 étoiles (49%) et il organise seul son voyage (46%). Il reste 13 jours en moyenne mais près de 40 jours lorsqu'il vient d'Europe. Les Européens sont de plus en plus nombreux à visiter l'Argentine (21% du total, autant que les Brésiliens voisins) et certains d'entre eux ne viennent pas seulement pour un classique Buenos Aires/Iguazu/Calafate/Puerto Madryn/Salta de deux ou trois semaines mais bien pour s'installer quelques mois, à humer l'air du temps dans la capitale ou une grande ville de province. Pour accueillir 1.700 exposants, la onzième édition de la FIT s'est agrandie de 7.000 m2 pour occuper 42.000 m2, capacité maximale de ce centre des expositions de Palermo. 40 pays étaient représentés, bien sûr les Américains, avec une grande offensive du Brésil, mais aussi les lointaines Croatie ou îles Fidji. Le Club Med, l'un des rares français, est venu vendre ses villages dans les Caraïbes. L'espace principal était consacré à l'Argentine. La ville de Buenos Aires est devenue une capitale incontournable, dotée d'un fort pouvoir d'attraction, pour son dynamisme, son ouverture, pour sa culture en général, et le tango en particulier. Les hôtels de luxe et les meilleures tables affichent d'ores et déjà quasiment complet pour les fêtes de fin d'année. Grande offensive des provinces Pour les Américains du Nord et les Européens, l'Argentine offre aussi Noël au soleil de l'été austral. Ces derniers mois, la fréquentation touristique a enregistré une hausse de 11% à Buenos Aires, de 14% pour la région de Bariloche et San Martín de los Andes, de 8,8% pour celle de Córdoba, et de 8,1% pour Salta, Tucumán et Jujuy. Les provinces andines étaient du reste extrêmement bien représentées à la FiT, que ce soit par les autorités touristiques ou les agences de voyages. Excursions, hôtels, infrastructures… L'offre augmente également, tentant de s'ajuster à la demande. L'hôtellerie en particulier, qui avait accumulé un retard dans les catégories supérieures sur certaines destinations nature. Plus de 200 hôtels sont actuellement en construction dans le pays, pour un investissement de 1,7 milliard de pesos, a précisé le ministre du Tourisme, Carlos Enrique Meyer. Ricardo Roza, président de la FIT, a regretté lui que les infrastructures ne suivent pas. Car, l'immensité du pays est à la fois un atout et un désavantage. Un atout, car c'est aussi ce qui fait sa diversité et sa beauté. Un désavantage car les transports aériens coûtent cher et freinent le développement du tourisme. En position de force, les compagnies aériennes imposent aux agences de voyage des politiques tarifaires dont elles se plaignent régulièrement. Pourtant, il est certain que les retards d'avions qui se multiplient en ce moment ne favorisent pas l'image de l'Argentine. Laurence RIZET. (www.lepetitjournal.com) Mercredi 29 novembre 2006 |