5 juillet 2008 - KOSOVSKA MITROVICA
Mitrovica, mon amour...
Par
Patrice CharraisSous le
pont de Mitrovica coule une riviére...
Il n`y a aucun lieu aujourd`hui de se réjouir de
l`indépendance du Kosovo. Peut-on vraiment croire qu'avec l'indépendance du Kosovo, la paix descendra finalement et de façon stable sur les Balkans ?
Ce 51éme Etat des Etats-Unis d`Amérique tissent ses liens, politiques et stratégiques, voire militaire (UCK mise en sommeil !), avec l`Albanie voisine sous la protection sans borne des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, sous les "yeux bandés" de l`Union européenne. Aucun kosovar ne se réclame européen, tant qu`il peut vivre de la manne financiére des
pays donateurs et, de ses petits trafics juteux d`économie grise, mafieuse et souterraine.
La gestion de la stabilisation du Kosovo a voulu être reporté vers l'Union européenne, par la mission EUlex. Mais faute d`accord politique et technique, par le refus de toute présence internationale à long terme, "ni EUmink, ni EUlex", tant albanophones que serbes, parce que les Kosovars albanophones souhaitent même le départ de "l`UNMINK" avant Octobre 2008 !
Il est pourtant évident que la prochaine éventualité d'un diktat imposé par des radicaux kosavars albanophones au Kosovo, et au
Sandjak, qui mérite au moins tout autant d`attention que le
Kosovo, de
nationalistes albanais (UCK) en proie à un rêve non avoué (d`une Grande Albanie !), et des radicaux et nationalistes serbes dans le Nord du Kosovo révèle de l'inaptitude de l'Europe à résoudre ses problèmes internes.
De plus, comme si cela ne suffisait pas, deux foyers de crise, au Kosovo par le processus de l'indépendance, en
Bosnie par la remise en question de l'autonomie qui est garantie aux serbes par les accords de Dayton s'alimentent mutuellement, avec des conséquences de plus en plus imprévisibles.
Il est des
sujets qu`il faut éviter, tels que pendaison et trafic d`organe, drogue et prostitution, contrebande et contrefacon, serbe ou albanais,
Tchetnik ou
Armée de Libération du kosovo (UCK), musulman et islam radical, la poussée radicale et l`intolérance ont fait leur retour des deux cotés du pont, et en "
Voyage en Kosovie", dans certaines régions kosovares, frontiére avec l`Albanie voisine et le Monténégro, telles que Prizren, Peja, Decani, Klina, Gracanica... restent seuls des monastéres orthodoxes témoins de la présence serbe. Une campagne sur la tolérance ne suffira pas à calmer les coeurs et les esprits. Il faudra bien plus !
Le dialogue, la réconciliation et la coopération entre les religions, les races et les cultures sont essentiels pour une paix véritable et durable, pour qu'un jour, qui n`est pas dit, Serbes et Kosovars soient rassemblés au sein de l'Union européenne. Mais le nationalisme, les nationalismes des Balkans sont-ils conciliables avec une intégration à l`Union européenne ? Rien se se reconstruira dans les coeurs sans le pardon ! Il faut apaiser les coeurs et les esprits. Lorsqu`il y a sanction, il faut qu`il y ait justice ! Et, cela semble loin d`être le cas pour toutes les personnes déplacées, autant albanophones que serbes.
L`automne est une trés belle saison, mais peut être pas pour le
Kosovo !