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La Carlomania avait fait long feu, et le Peuple se lassait déjà de Madame de Maintenant. On chantonnait sur elle, l'appelant l'Italienne, comme en un autre temps, on avait brocardé l'Autrichienne. Comment cela avait-il fini ? … Chiara Carla en avait des frissons dans le dos… Leurrant ses espoirs, l'avenir s'annonçait noir et lourd de menaces : En Terre Sainte où elle était venue ornementer la visite de son-mari-à-elle, n'avait-elle point entendu une balle siffler à ses oreilles? Elle était remontée quatre à quatre dans l'aéroplane, bien plus vite qu'elle n'en était descendue.
D'autant que le Fourbe voulait à tout prix l'engrosser, calculant que, dans quatre ans…bonne chance mon papa…et hop ! vingt points de gagnés dans les sondages ! Mais elle ne voulait point gâter sa ligne.
Le Fourbe avait tenté l'Ingridmania, pensant bien en tirer quelque bénéfice. Sitôt libérée, il avait envoyé dès potron-minet son mignon Kouchner récupérer la belle captive, afin de s'afficher auprès de la nouvelle égérie à la mode, la tripotant partout, la couvrant de baisers et de décorations.
Mais là aussi, cela commençait à lasser tout autant, et le Peuple grognassait, criant à l'effet d'affiche et à la diversion. D'autant que la traîtresse s'affichait maintenant avec le Beau Galouzeau, son roi de cœur et l'ennemi intime du Fourbe.
De quelque côté qu'il se tournât, il échouait en tout, divisant même ce que l'on croyait jusqu'alors insécable.
Déjà, il avait boudé la finale de Rugby et fui le bouclier de Brennus pour ne point affronter la bronca de la foule. Il ne pourrait pas toujours fuir.
Le 14 Juillet, ce n'était plus devant un parterre de gazetiers courtisans lui posant les questions de ses réponses, mais devant le Peuple de Paris, qu'il lui faudrait s'exposer... Et malgré la marée d'argousins et gendarmes postés sur le parcours, et quelques sarkolâtres bêlants racolés pour faire la claque, on ne pourrait masquer les huées et les lazzis rageurs. Qu'à cela ne tienne ! la sarkopropaganda contrôlait déjà les images dans les étranges lucarnes, elle chaboterait le son, l'habillant de dentelles pour qu'on ne perçût qu'un doux murmure, partout là où le Peuple hurlerait sa colère et son mépris du Fourbe.
Restait les mirliflores, au bord de la mutinerie. N'allait-on point vers quelque esclandre, et voir les bataillons défiler crosse en l'air ? Déjà, les Cyrards encolérés serraient les dents, à la pensée d'avoir rendre les honneurs à leur boucher Druze, pour satisfaire au caprice mégalomane du Foutriquet. Il y avait bien une solution : faire défiler les armées étrangères sur les champs Elysées, comme en ce 14 Juin 1940 où, musique en tête, les bottes teutonnes avaient foulé le pavé parisien. On en prenait le chemin, dans le grand bradage de la France.
Depuis un an, un étrange virus infectait la France, menaçant même de s'étendre à l'Europe. Le Sarkosus Tremens Gesticulans s'insinuait partout, comme un gratte-cul. Il infectait tous les corps constitués, les services publics, et le peuple de France : Ecoles, postes, employés, laboureurs, mariniers, artisans des manufactures, petits commerçants. Aux dernières nouvelles, c'était l'Armée Française qui partait en lambeaux.
Les premiers symptômes en étaient une douce euphorie, qui faisait prendre les vessies pour des lanternes. Mais bientôt, la dépression survenait, douloureuse et brutale, avec un effondrement du pouvoir d'achat qui laissait voir les lanternes éteintes et les rêves brisés. 53% des Français en avaient été atteints. Ceux qui en réchapperaient en garderaient de douloureuses séquelles, à vie. Les autres en resteraient idiots.
On situait le foyer d'infection à Paris, dans un hôtel particulier du Faubourg Saint Honoré d'où partaient tous les germes de la pandémie sarkosienne. Pour l'éradiquer avant l'irrémédiable, il faudrait désinfecter au lance-flammes.
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