La communauté française célèbre demain sa fête nationale. Mais au fait... Qui sont ces expatriés ? Ces immigrés ? LePetitJournal.com publie l'article d'une jeune journaliste polonaise partie à leur rencontre.

Pour le 14 juillet, Nathalie ira peut-être sur la bien nommée rue Francuska. On y organise une "foire française", les organisateurs tentent les visiteurs en leur promettant de "retrouver l’atmosphère française et de se sentir comme à Paris". Il y a deux mois, c'était par contre chez elle qu'on faisait la fête...

Le 6 mai, quelques minutes avant 20h, Nathalie visiblement stressée déambule dans son salon en pianotant nerveusement son téléphone. Elle échange des textos avec les amis qui n'ont pas pu venir dans son petit appartement pour la soirée électorale. La grande majorité des Français inscrits en Pologne votent à droite (65%) mais Nathalie est de tout cœur pour le candidat socialiste, François Hollande. Ses invités aussi. Nathalie plaisante : si Nicolas Sarkozy est réélu, elle demande la nationalité polonaise. Encore un instant et on débouche finalement la bouteille de champagne tout droit sortie du frigo.

A l'Ouest rien de nouveau
Depuis 5 ans en Pologne, Nathalie y est très bien intégrée. Elle enseigne le français. Son niveau de polonais est très bon. Elle a de nombreux amis, Français ou Polonais. Et ne prévoit pas de retourner en France. L'Hexagone est selon cette Parisienne trentenaire un pays léthargique où le niveau de vie se dégrade. Pour elle, comme pour les centaines de Français qui s'installent chaque année en Pologne pour y trouver du travail, son avenir est ici.

1,6 million de Français sont expatriés à travers le monde. La moitié d'entre eux ne sont pas allés bien loin : Suisse, Allemagne, Royaume-Uni, Espagne ou Belgique... 20% résident en Amérique (nord et sud), 9% au Proche et Moyen-Orient, 7% pour l'Océanie et l’Extrême Orient, 7% pour l’Afrique noire francophone, 6% en Afrique du Nord... et 2% seulement en Europe de l'Est... Mais chaque année, le nombre de Français séduits par l'expatriation augmente de plus de 5%. Et la crise continue d'inspirer des départs vers les économies plus dynamiques.

Bien que la Pologne ne soit pas aussi attractive que Singapour ou Hong-Kong où, depuis le début de la crise, une foule de Français s'est installée, le plus grand pays de la "Nouvelle Europe" est de plus en plus populaire. Après les Allemands et les Américains, les Français représentent la plus grande communauté étrangère de notre pays ethniquement très homogène. Sans compter les nombreux touristes francophones. Dans les grandes rues de Varsovie et dans les cafés à la mode, la langue de Molière s'entend tous les jours.

Un motivation d'abord professionnelle
"Je vis en Pologne car la France est dans une
triste situation économique", nous dit Caroline Molinari. Cette Montpelliéraine de 27 ans a en poche une Licence d'anglais et un Master d'enseignement du français langue étrangère. En France, pour pouvoir vivre, elle a dû travailler pendant 5 ans au MacDonald. Elle a aussi été prof, serveuse et baby-sitter dans une petite ville japonaise. À la fin de ses études, elle a bien sûr cherché du travail à Montpellier, mais sans succès. Elle a alors décidé de regarder aussi les offres en Pologne où elle avait déjà quelques amis. Bingo!

"En France, je gagnais 700 euros par mois. C'était dur. Ici, je ne gagne peut-être pas beaucoup plus, mais la vie en Pologne est bien moins chère. Je ne peux pas encore me permettre de louer seule un appartement, mais je peux mettre de l'argent de côté, sortir dans les bars avec mes amis et même partir en voyage. Je serais restée en France s'il y avait là-bas du travail pour moi et si je gagnais assez. Mais là-bas, je peux au mieux trouver des contrats de travail temporaires et je ne veux pas passer ma vie à déménager. Je ne pourrais pas vivre là-bas normalement. Une de mes amies de l'université qui a la trentaine et ne veut pas quitter la France, habite encore avec ses parents. Elle change d'emploi tous les 6 mois en attendant de trouver enfin un emploi stable. Elle ne peut donc pas louer d'appartement faute de contrat à durée déterminé".

Des firmes bien implantées
Les Français qui viennent en Pologne trouvent du travail non seulement dans l'enseignement mais surtout dans les quelque 800 entreprises françaises, employant 200.000 salariés. La Pologne est le plus grand partenaire français de la région. À Varsovie, les plus grandes enseignes sont très présentes : BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale, AXA, Bouygues, L'Oréal, Carrefour, Auchan...

"Il y a aussi beaucoup d'entreprises, surtout unipersonnelles, qui se développent dans notre pays, principalement dans le domaine du consulting ou des nouvelles technologies. Mais aussi parfois pour ouvrir un restaurant, un bar à vins ou un café", dit Mariusz Kielich de la Chambre de commerce et d'industrie française en Pologne.

Et puis ceux qui viennent pour une mission courte décident souvent de rester pour de bon. Le nombre de couples franco-polonais ne cesse d'augmenter et dans 90% des cas il s'agit de Français mariés avec des Polonaises.

Jean-Philippe Daigneau est arrivé à Varsovie il y a 16 ans pour travailler à Castorama. Il a rencontré sa future femme et a décidé de rester en Pologne. Aujourd'hui ce père de deux enfants passe des jours heureux à Poznań. Il a sa propre entreprise, franchise du groupe des Mousquetaires. Il observe les changements en Pologne et apprécie ce qui se passe ici. L’énergie des Polonais surtout. Pour lui, en tant que chef d'entreprise, il est plus facile de travailler en Pologne où les impôts sont bas et le personnel facile à trouver. "Ici, ce n'est pas comme en France, c'est un lieu pour faire du business par excellence", reconnaît Daigneau.

Pour les Polonais, cette immigration est surprenante. Il leur est difficile d'imaginer quitter un pays à la culture raffinée et au niveau de vie élevé pour venir s'installer dans un pays encore en plein chantier.

Mais les Français qui viennent à l'Est y voient justement la construction de quelque chose de nouveau, ils voient ce qui leur manque en France : le changement.

Marta Kucharska (www.lepetitjournal.com) vendredi 13 juillet 2012


Pour en savoir plus, notre article sur la foire de samedi  : 14 JUILLET – Rendez-vous z Francją !


 
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