Naguère, on se servait sans cesse du « ça m’interpelle », comme si les choses nous parlaient. Aujourd’hui:  "On échange" pour dire que l'on se parle, dans un français tout aussi aléatoire. Car enfin, on échange des  cacahouètes, des injures, des caresses, des otages... Bref, il manque un complément d'objet direct dans nos "échanges"

Echanger est un verbe transitif. Ce qui veut dire qu’on échange (on troque, on substitue) quelque chose ou quelqu’un contre (ou à) quelqu’un ou quelque chose. En espagnol, c’est clair, on traduit par intercambiar, trocar ou permutar. A l’origine, le mot vient de cambiare : il s’agit d’une transaction économique, ce qui persiste dans notre langage lorsque nous parlons du cours du change – quand on échange une monnaie bien précise contre une autre non moins précise.
De  « Libre-échange » à « échangisme », le nom  sous-entend toujours les autres et une contrepartie.

Alors que ce « on échange », utilisé à tour de conversations devient une abstraction, en elle-même sa propre fin. L’important, c’est d’échanger, ce n’est plus de savoir ce qu’on échange. Le fond disparaît reste la forme. Et cette forme est vide.

Que l’on songe à la pièce magnifique de Claudel, L’Echange, où l’âme d’un homme était en jeu. Au pacte de Faust où le bon docteur échange son âme contre la célébrité, la jeunesse et l’amour. Les enjeux métaphysiques ont aujourd’hui disparu du langage comme des esprits. Mais aussi le sens même de l’économie ou de la diplomatie.

Avec quelqu’un, on échangeait des lettres (de change, parfois), des documents, des idées, voire des sentiments.

La multiplication des moyens de communication a multiplié les échanges. Mais on échange … quoi ?

Précisons-le, que diable, car « échanger » ne s’emploie jamais sans complément d’objet direct, sous-entendant un absolu qui n’implique pas l’humain !

Elizabeth Antébi (www.lepetitjournal.com Cologne pour Santiago ) Jeudi 8 novembre  2012

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