Comment donner le goût de la science aux enfants ? A cette question, le ministère de l’éducation chilien (MINEDUC) tentait de répondre la semaine dernière avec une conférence internationale théorique et pratique. Parmi les quatre experts invités, Estelle Blanquet formatrice d’enseignants en physique attachée, à l’université de Nice, venue montrer, très concrètement, comment, dès 3 ans un enfant peut être un chercheur en puissance

Estelle Blanquet, des Alpes maritimes à Santiago, elle éveille des vocations de physiciens (photo DR)

280 enseignants sélectionnés dans tout le Chili ont participé la semaine dernière à Santiago à la 4ème conférence internationale organisée par le MINEDUC pour l’enseignement des sciences en primaire.
La France a toujours participé à ces rencontres. Cette année, Estelle Blanquet, jeune physicienne et formatrice à l’IUFM de Nice (Centre de formation des enseignants) et chercheuse en didactique des sciences, était l’un des quatre experts internationaux.  Depuis 10 ans, elle  assure des formations à l’étranger ( Iran, Malaisie, Viet-Nam...) à l’invitation de "La main à la pâte", initiative de Georges Charpak, prix Nobel de physique 1992, devenue "fondation" en 2011, dont le but s’inscrit en droite ligne de la conférence : Faire face à la nécessité d’une rénovation profonde de l’enseignement des sciences au bénéfice des plus jeunes.

Former des formateurs d'enseignants
Pour répondre à ces enjeux, "La main à la pâte" préconise la mise en œuvre par les enseignants d’une pédagogie d’investigation associant exploration du monde, apprentissages scientifiques, expérimentation et raisonnement, maîtrise de la langue et argumentation, afin que chaque enfant approfondisse sa compréhension des objets et des phénomènes qui l’entourent, et développe curiosité, créativité et esprit critique.
Ainsi Estelle, auteur par ailleurs de Sciences à l’école côté jardin (Ed du Somnium) ne s’en est pas tenue à la théorie. La "main à la pâte", c’est d’abord faire en sorte que les enfants expérimentent (l’eau, les couleurs, la biodiversité, le soleil, les volcans…). Lors d’ateliers , elle a pu montrer aux enseignants enthousiastes et motivés comment par exemple, à partir d’un album pour enfants, des petits de 3-4 ans peuvent vérifier par l’expérience pratique si les situations qu’affrontent les héros sont possibles d’un point de vue scientifique. "C’est eux qui font", dit-elle, montrant des photos étonnantes de bambins expérimentant les forces pour déterminer si oui ou non un loup peut sortir d’un mauvais pas, en l’occurrence un puits ! Sur les vidéos qu'elle engrange dans son I-pad, elle montre comment un cour d’école des Alpes maritimes, sa région d'attache, peut se transformer en immense laboratoire, avec des dizaines d’enfants concentrés par petits groupes, autour d’entonnoirs, tubes, ficelles, seaux et autres sable.
"C’est facile d’enthousiasmer les petits, il faut ensuite que cette envie de sciences, ils ne la perdent pas", soutient Estelle enthousiaste.

S.R (www.lepetitjournal.com Santiago) lundi 8 octobre 2012

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