Après 4 ans passés à la tête de la délégation Wallonie-Bruxelles, pour le Chili et la Bolivie, Benoit Rutten quitte son poste dans quelques jours. Retour sur ces quatre années à resserrer les liens entre le Chili et la Belgique francophone

Benoit Rutten le dit lui-même, il est un "diplomate atypique et ne représente ni un Etat, ni une organisation internationale". Délégué Wallonie-Bruxelles, il représente, pour quelques jours encore, une partie du territoire belge : la Wallonie; et une partie des habitants : les francophones; au Chili et en Bolivie. Et la règle pour les diplomates comme lui, c’est le changement, tous les quatre ans. Avant d’arriver à Santiago, Benoit Rutten était en poste au Maroc, et il se dirige maintenant avec enthousiasme vers l’Europe de l’Est.

L’important selon lui est de "laisser des choses qui restent". Et parmi celles-ci, la grande fierté de ce diplomate pas comme les autres, c’est la création en 2009 d’ EUNIC Chile. EUNIC est un réseau des instituts culturel des Etats européens dont la maison-mère est à Bruxelles. Son rôle est de promouvoir la diversité linguistique et culturelle entre les pays européens et de renforcer la coopération dans ces mêmes domaines avec les pays hors UE. EUNIC Chile fait donc partie de ce réseau qui regroupe 70 autres associations, et compte avec la participation de 16 membres au Chili, dont le Conseil National de la Culture et des Arts, le ministère des Affaires étrangères, et plusieurs ambassades européennes. Un des projets phares de cette association : Le festival de jazz européen, qui a lieu chaque année en octobre dans les clubs de jazz de Bellavista.

Mais le jazz n’étant pas le seul atout culturel de la Belgique, la délégation Wallonie-Bruxelles a souvent fait parler d’elle : organisation d’un festival de BD itinérant, festival du cinéma d’animation : "Chilemonos" au mois d’avril dernier, ou encore marionnettes avec la compagnie belge "Point Zéro" qui a présenté deux œuvres remarquables durant le festival "la rebelion de los muñecos".

La coopération entre la région Wallonie-Bruxelles et le Chili va au-delà du spectacle. Benoit Rutten affectionne particulièrement une association, ExUbel, qui rassemble des professeurs universitaires chiliens partis étudier et vivre en Belgique en 1973 après le coup d’Etat, et qui répondent toujours présents pour participer à l’organisation de séminaires internationaux. Par ailleurs, la coopération éducative et scientifique se développe de plus en plus autour de projets à vocation entrepreneuriale, alliant recherche et business. Un bel exemple : "une entreprise belge a inventé un concept particulier de biométanisation, qui permet de générer de l’électricité à partir des déchets végétaux. Ce type d’innovation a pu être importé au Chili, dans les coopératives agricoles, et cela fonctionne très bien !". En effet, le Chili étant un pays plus qu’émergent, les projets de coopération se font sur le mode du "win-win" : chaque Etat finance les projets à la même hauteur que son partenaire.

Ce qui n’est pas le cas pour la Bolivie, où le financement est total de la part de Wallonie-Bruxelles, qui y développe  davantage des projets à vocation sociale.  En lien avec la coopération fédérale belge, un centre pour les enfants brûlés a été inauguré dernièrement à El Alto (La Paz). En plus des murs et du matériel, Wallonie-Bruxelles  prend en charge la formation des médecins et membres du personnel de ce centre, formation qui a lieu en Argentine.

En route pour Bucarest, Benoit Rutten sera accrédité dans 4 pays : Roumanie, Bulgarie, Moldavie et Macédoine. Un changement notable pour ce diplomate et sa famille, qui confesse que ce qu’il regrettera le plus du Chili, c’est sans doute "la beauté des paysages, du Nord au Sud ; le climat et la qualité de vie", même s’il regrette "le côté insulaire de certains chiliens qui parfois manquent d’esprit d’ouverture à l’autre". Dans son expérience de ces quatre dernières années, il est satisfait d’avoir pu travailler avec "des contacts sûrs, fiables et corrects", et d’avoir créé "avec des partenaires européens et chiliens des dynamiques qui subsistent et des concrétisations pérennes…". Il laisse la place à Anne Lange, qui le remplacera dans ses fonctions à partir du 1er septembre.

Propos recueillis par Sophie Rouchon et Cécile Tron Muratori (www.lepetitjournal.com Santiago) jeudi 26 juillet 2012

 
Une internationale

COACHING - "Je porte des habits qui ne me vont plus"

Nicolas Serres Cousiné, life coach des expatriés français à travers le monde, est un contributeur régulier de la rubrique coaching du site lepetitjournal.com. Ce mois-ci, il répond à l’un de nos lecteurs, Michel, qui ne supporte plus la vie de fou qu’il mène à Londres depuis maintenant 20 ans.
Votez pour le Prix du Public
Actu internationale
Actualités de nos partenaires

Voyager aux Etats-Unis en famille

Voyager aux États-Unis est l'occasion d'une formidable confrontation entre l'imaginaire et la réalité. Parce qu'à tout âge on a sa propre idée de l'Amérique, chaque membre de la famille pourra assouvir ses envies. Et une chose est sûre, personne n'en reviendra déçu... Comme les films hollywoodiens, le rêve américain se termine toujours bien !
Expat
Expat - Emploi

COACHING - "Je porte des habits qui ne me vont plus"

Nicolas Serres Cousiné, life coach des expatriés français à travers le monde, est un contributeur régulier de la rubrique coaching du site lepetitjournal.com. Ce mois-ci, il répond à l’un de nos lecteurs, Michel, qui ne supporte plus la vie de fou qu’il mène à Londres depuis maintenant 20 ans.

TROUVER SA MISSION DE VIE - Comment cela offre la Liberté, la vraie

Vous êtes expatrié, vous aimez donc sans doute l’aventure et les voyages ? Mais qu’est ce que ces voyages et découverte de nouveaux pays et cultures vous apportent-ils vraiment ? Bien sur, ils apportent plus de connaissances, une meilleure compréhension du monde, plus de tolérance, une grande richesse culturelle, la maîtrise des langues… mais bien au delà de cela, les voyages apportent la sensation d’être libre, la sensation que tout est possible et la sensation de se sentir vraiment vivant. Vous êtes sans doute très attaché à votre liberté et à vivre votre Vie avec un grand V, n’est-ce pas ?
Expat - Politique

PASCAL BONIFACE – Pour que la France retrouve sa cote d’amour à l’étranger

Directeur de l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques, Pascal Boniface regrette l’époque pas si lointaine où être Français procurait un avantage inégalable à l’étranger et une prime exceptionnelle de popularité. Dans son Essai Je t’aimais bien tu sais, il s’interroge sur les raison du désamour entre la France et la communauté internationale et propose des remèdes. Interview.
Magazine
En direct de nos éditions locales