Lepetitjournal.com Brésil vous propose une nouvelle rubrique! Nous vous emmenons à la rencontre de nos lecteurs. Cette semaine, nous vous présentons Clément, 24 ans, stagiaire éducateur dans un abri de São Paulo accueillant enfants et adolescents en situation d'urgence

Lepetitjournal.com - Quel a été votre premier contact avec le Brésil ?
Clément - Mon premier contact avec le Brésil remonte à loin. A l’âge de 10 ans, je suis allé voir un match de football avec mon père à l’occasion de la Coupe du monde. C’était Brésil-Danemark. J’ai beaucoup aimé l’ambiance, j’ai le souvenir de Brésiliens très souriants. A Nantes, ils avaient installé une petite plage Copacabana. Depuis ces moments-là, j’ai toujours eu envie d’aller au Brésil.

Il y a 4 ans, je suis allé au Portugal en Erasmus pour ma troisième année de sociologie. J’y ai rencontré une dizaine de Brésiliens qui y étudiaient aussi. Ils étaient tous très sympas et m’ont incité à venir au Brésil. Quatre ans plus tard, j’ai réussi à gagner un peu d’argent pour réaliser ce projet de voyage et venir faire un stage à São Paulo.

Dans quel domaine faites-vous ce stage?
Je fais des études d’éducateur spécialisé à Rennes. Cette formation dure 3 ans et dans le cadre de la deuxième année, nous pouvons partir à l’étranger faire un stage. J’ai donc choisi de partir au Brésil. Mais l’école n’avait aucun partenariat avec ce pays et j’ai donc cherché une structure qui pouvait m’accueillir. Grâce à des connaissances communes, j’ai rencontré le fondateur de Casas Taiguara, (Ndlr. ONG composée de 6 abris accueillant enfants et adolescents en difficulté à São Paulo), lors d’un de ses passages à Paris. Il a accepté de me prendre en stage dans son association.

Dans quelles situations se trouvent les enfants et les adolescents dans l’abri dans lequel vous travaillez ?
Ce sont des enfants et des adolescents qui peuvent être à la rue ou retirés à leurs familles par un juge. Certains parents sont dépendants au crack, certains enfants aussi. Il y a des centres où les enfants peuvent rester durablement, mais moi je suis en stage dans l’abri temporaire. C’est-à-dire que les enfants y sont dans l’attente d’un autre placement.

Concrètement, quel est votre rôle au sein de l’association ?
Je suis arrivé il y a trois semaines et c’est une réalité très différente de ce que nous connaissons en France. Pour le moment, j’essaie d’observer, de comprendre le fonctionnement de la maison, de créer du lien avec les jeunes. Le problème de cette structure est qu'ils restent en général une semaine. C’est très court pour nouer une relation de confiance avec eux et pour faire, ce que nous faisons d’habitude dans ce type de structure, c’est-à-dire réfléchir à un projet individualisé pour le jeune, à son avenir et à son autonomie.

Aujourd'hui, je les aide dans leur vie quotidienne, nous essayons de leur faire comprendre les règles de la vie en communauté car beaucoup seront amenés à grandir dans des centres avec d’autres enfants. Nous essayons aussi de partager de bons moments avec eux. Pour l’instant, j’ai fait quelques cours de français, de guitare, de géographie car la plupart ne sait pas situer le Brésil sur une carte.

D’une manière générale, je dois dire que j’ai été assez étonné de constater que la figure de l’éducateur était globalement plus respectée ici qu’en France. Je sais qu'il peut y avoir des conflits ou encore des insultes, notamment envers les éducateurs qui travaillent de nuit, mais j’ai encore rarement vu des jeunes leur manquer de respect. Peut-être est-ce aussi parce que ces jeunes ne restent que quelques jours et qu'ils n’ont pas le temps de véritablement prendre leurs marques...

Comment avez-vous découvert Lepetitjournal.com ?
J’ai découvert environ 6 mois avant mon départ, en préparant mon voyage. Je cherchais des informations sur Casas Taiguara et je suis tombé sur un article (Lire notre article : Casas Taiguara, abri pour enfants des rues). J’ai ajouté Lepetitjournal.com Brésil à mes favoris pour suivre les actualités et ce qui se passait à São Paulo. C’était vraiment un premier contact avec la culture brésilienne, une manière aussi de suivre ce qui se passe dans le pays. C'était vraiment très utile !

Quelle est votre rubrique préférée ?
J’apprécie beaucoup "L’expression de la semaine" ! J’ai appris des expressions que je ne connaissais pas et qui ne sont pas utilisées au Portugal.

Vous parlez portugais ? Un peu, beaucoup, passionnément...
Un peu pour l’instant... mais passionnément ! C’est une langue que j’aime beaucoup. Je ne l’avais plus pratiquée depuis 4 ans. J’avais oublié beaucoup de choses. Je passe aussi du portugais du Portugal au portugais du Brésil. C’est un peu différent, je fais attention à ne pas me tromper dans le choix des mots. Je préfère le portugais du Brésil, je le comprends mieux et j’aime beaucoup l’accent.

Avez-vous trouvé facile de rencontrer des gens ? De créer des liens ?
Je vis dans une maison du quartier de Liberdade qui appartient à un collectif qui s’appelle Fora do Eixo et qui existe dans tout le Brésil. C’est un circuit culturel qui organise des concerts, des festivals... dans toutes les villes brésiliennes. Je suis donc avec une quinzaine de Brésiliens, ce qui m’a permis de créer des liens facilement en arrivant au Brésil. Je revois également les Brésiliens que j’ai rencontrés au Portugal. J’ai prévu de retrouver deux de ces amis qui vivent près de SP, j’espère en revoir aussi qui habitent dans d’autres villes brésiliennes.

Pour le moment quelle a été votre plus belle découverte à São Paulo ?
Je n’ai pas encore eu le temps de faire beaucoup de visites ! Mais un de mes bons souvenirs est le festival "Existe Amor em São Paulo" qui s’est tenu sur la place Roosevelt. C’est justement un festival organisé par les gens du collectif avec lesquels je vis. A partir de rien, ils ont su créer cet événement avec beaucoup d’artistes comme Criolo (Lire l' entretien), Emicida (Lire notre portrait). C’est complètement gratuit et c’était très intéressant. Il se passe plein de choses d’un point de vue culturel et c’est très intéressant !

Pour lire d'autres portraits de lecteurs:
A LA RENCONTRE DE NOS LECTEURS – Camille, 27 ans, productrice et comédienne
A LA RENCONTRE DE NOS LECTEURS - Gaëlle, 40 ans, guide artistique et culturelle
A LA RENCONTRE DE NOS LECTEURS - L'homme qui lit dans les roches du Mato Grosso

Propos recueillis par Anne-Louise SAUTREUIL (www.lepetitjournal.com - Brésil) vendredi 9 novembre 2012

 
Une internationale
Postulez aux Trophées 2017


Participez aux Trophées des Français de l'étranger !

Actu internationale
Actualités de nos partenaires

SCPI à crédit : une solution idéale pour les expatriés

Ils ne pouvaient rester éternellement à un niveau excessivement bas. Les taux d'intérêt consentis lors d'un achat immobilier commencent à remonter en raison de la hausse des taux d'intérêt à long terme. Cette dernière est induite par les énormes besoins de financement des États, notamment ceux des États-Unis dont la dette fédérale frôle 20 000 milliards de dollars
Expat
Expat - Emploi

TÉLÉTRAVAIL – Les entreprises françaises championnes!

Je télétravaille, tu télétravailles, ils télétravaillent… Plus de 70% des entreprises françaises autorisent à des degrés divers leurs salariés à travailler depuis leur domicile. Elles répondent à une demande des salariés qui invoquent en premier lieu un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Pour les expatriés, le télétravail peut aussi être un moyen de mieux appréhender la mobilité souvent inhérente aux carrières internationales.

GWENAELLE DE BIZEMONT - "Dubaï nous offre la possibilité d’entreprendre"

Femme d’expatriée, ayant vécu dans six pays différents en vingt ans, Gwenaëlle de Bizemont pose ses valises en 2005 à Dubaï. Entrepreneuse depuis toujours avec la création de huit (!) sociétés à son actif, Gwenaëlle nous parle de son dernier projet et de sa vision du monde des affaires à Dubaï. 
Expat - Politique

ELECTIONS – Trop coûteuses pour des Français de l’étranger peu mobilisés ?

Entre 2011 et 2014, le coût des élections organisées pour les Français établis hors de France a été supérieur à 34 millions d’euros, un montant pointé par la Cour des Comptes qui s’inquiète de nombreuses faiblesses relatives à la fiabilité de la Liste électorale consulaire ou au vote par internet, et surtout d’une faible participation.

IMPÔT UNIVERSEL – Mélenchon veut en imposer aux expatriés

Le candidat de La France Insoumise à la présidentielle, a annoncé vouloir créer un impôt universel basé sur la nationalité du cotisant, inspiré du modèle américain. Cette proposition censée éviter l'évasion fiscale vise les expatriés payant un faible impôt dans leur pays d'accueil.
Magazine
En direct de nos éditions locales