A tous ceux qui tâtonnent et qui doutent sur leur choix de vie car ils pensent qu’ils ne rentrent pas dans les cases, l’histoire est parfois instructive. D’ailleurs, ce sont souvent les originaux qui la marquent. L’historien des constellations familiales françaises émigrées au Mexique au XIXe siècle, Jean-François Campario nous parle aujourd’hui d’Étienne Guénot, tour à tour aventurier, promoteur malheureux de l’enseignement mutuel au Mexique, business man, et enfin fondateur de l’unique colonie agricole française, tout un programme

Image emblématique du mythe de la terre vierge et déserte à coloniser sous le tropique. Photo: courtoisie de Jean-François Campario

1792-1816: les racines françaises d’Etienne Guénot
Etienne Bonaventure Guénot est né le 17 décembre 1792 à Autray-lès-Gray en Haute Saône en pleine période révolutionnaire. Il suit des études de rhétorique chez les Jésuites où il fait figure d’élève modèle. Il obtient son Bac en 1812 alors même qu’outre Atlantique les jeunes nations latino-américaines prennent leur indépendance. Est-ce le contact avec les Jésuites, ordre aux stratégies planétaires mais expulsé des royaumes américains et désintégré par l’Église au XVIIIe siècle qui donna des ailes à Etienne Guénot quelques années plus tard ? Ses motivations pour l’exil demeurent floues, lui qui est l’aîné d’une famille de propriétaires terriens aisés, lui qui royaliste, connait en ces années 1815 la Restauration et qui se retrouve même lieutenant de la légion royaliste de Haute Saône. En tout état de cause, il sollicite un congé pour la Guadeloupe en juin 1816. On perd sa trace quelques années, des échos le situent çà et là entre le Mexique et Cuba où il côtoie des sociétés secrètes telle que el Aguila Negra, et des personnages fameux tel Guadalupe Victoria. Horizons nouveaux.

Page du cours manuscrit d'Etienne Guénot en Latin, au collège des Jésuites de Gray (1812). Photo: courtoisie de Jean-François Campario

1825-1826: Stéphane Guénot, un plan général d’Éducation élémentaire pour le Mexique
Il se fait désormais appeler Stéphane Guénot, il est au Mexique alors que la jeune nation indépendante ne recherche pas spécialement le contact des colonisateurs européens. Mais en cette période trouble les idéaux pullulent dans toutes les têtes et tout est possible. Stéphane Guénot présente un Plan d’éducation générale pour le Mexique dont le résumé est conservé intact à l’Archivo General de la Nación tel qu’il fut présenté à la chambre des députés. Vaste projet ancré dans un catholicisme social militant plus proche des libéraux réformateurs que des conservateurs, étonnant pour celui qui était royaliste encore quelques années auparavant. Projet qui combine habilement l’instruction et les savoirs techniques, une structure à la fois hiérarchique et communautaire, avec un système de financement mixte public et privé et un but ultime révolutionnaire car il cherche à faire des pauvres et des orphelins mexicains les futures élites du pays. Le projet échoue et il tombe aux oubliettes.

1828-1833 : Estevan Guénot et les premières tentatives de colonies agricoles
En 1828, celui qui se fait désormais appeler Estevan Guénot fonde une société agro-industrielle à Durango, dont les actionnaires et les habitants sont tous Mexicains. L’entreprise qui préfigure la future colonie agricole de Jicaltepec roule pendant deux ans. Mais, malgré la mexicanisation de son nom, Estevan Guénot ne maitrise pas encore tous les codes de la société mexicaine et il parvient lors d’un discours à se mettre à dos toute la communauté de Durango. La société ne fait pas long feu. Mais Esteven Guénot est un dur à cuire et son adage semble être "ce qui ne me tue pas me rend plus fort". En 1830, non encore naturalisé, il achète un vaste ensemble de terres autour de Jicaltepec  par le biais d’un prête-nom et il fonde l’unique colonie agricole française au Mexique qui lui survivra.

Nous retrouverons bientôt les aventures d’Estevan Bonaventure Guénot à Jicaltepec…

Marion DU BRON (www.lepetitjournal.com/mexico) mardi 13 novembre 2012

Une internationale

MALADIE DES OS DE VERRE – Aidez Beth à faire le tour du monde !

Beth est une jeune Australienne de 12 ans atteinte de la maladie des os de verre. Avant l’entrée au lycée, sa mère Katie a souhaité qu’elle puisse vivre la grande aventure de sa vie en partant à la découverte du monde. L'hébergement représente un gros budget lors d'un tel voyage mais vous pouvez les aider grâce au home-sitting en les invitant chez vous !
Actu internationale
En direct de nos éditions locales
Expat
Expat - Emploi

INTERNATIONALISATION – Les PME-ETI disent « oui »

L’internationalisation ne se limite pas aux grands groupes et concerne de plus en plus les PME (Petites et Moyennes Entreprises) et les ETI (Entreprises de Taille Intermédiaire) françaises. Elles sont chaque année plus nombreuses à sauter le pas et à vanter les mérites de l’extension de leur activité à l’étranger. 

ALAIN BENTEJAC – "La compétitivité est un enjeu majeur"

Le Comité National des Conseillers du Commerce Extérieur de la France (CNCCEF) est un réseau mondial d’entrepreneurs français ayant une expérience à l’international. Les CCE sont présents dans 140 pays. Alain Bentéjac en est le Président. Il a pour mission principale de conseiller les pouvoirs publics et de promouvoir l’attractivité du secteur privé français.
Expat - Politique

FRANÇAIS DE L'ÉTRANGER - Etude sur le vote par Internet, le cas de la République Tchèque

En 2014, les Français de l'étranger ont à nouveau pu voter par Internet. Si ce moyen est de plus en plus utilisé, l'abstention reste en hausse. Pour tenter d'expliquer ce paradoxe, Alix Guillard a utilisé les données collectées sur sa circonscription de Prague pour y voir plus clair. Curieux sur le fonctionnement des nouvelles technologies en général, Alix Guillard s'intéresse au vote par Internet depuis 2011; il a été suppléant aux élections législatives de 2012 et candidat à l'élection partielle de 2013.

ANNE-MARIE DESCOTES – "Il est nécessaire de prendre en compte les enjeux globaux du développement"

Anne-Marie Descotes est la Directrice Générale à la Mondialisation, au Développement et aux partenariats (DGM) du Ministère des Affaires Etrangères et du Développement International (MAEDI). Nommée par Laurent Fabius à l’été 2013, elle a notamment pour mission d’étendre la diplomatie économique de la France. Lepetitjournal.com l’a rencontrée en pleine préparation de la COP21, la conférence du Bourget sur le climat
Magazine