Le Melbourne de... vous propose de rencontrer les Francophones de Melbourne et de découvrir votre ville à travers leur approche, leur réflexion et leurs coups de cœur. Cette semaine, Rodney Eggleston et Anne-Laure Cavigneaux, architectes et graphistes à March Studio

 

Couple franco-australien, Anne-Laure et Rodney se sont rencontrés à Rotterdam grâce à un concours pour l’association l’Arche avec laquelle Anne Laure travaillait depuis 2003. En 2007, ils créent à Melbourne March Studio – ils sont tous les deux nés en mars - un cabinet d’architecte et de graphisme qui allie matériaux expérimentaux avec des designs pragmatiques. Ils travaillent en duo, du début et à la fin de chacun des projets de leur agence. Parmi leurs signatures, le design des magasins de produits de beauté Aesop.

Graphiste de formation, Anne-Laure s’implique à la création et à la finition des projets de l'agence. Elle vient d'inaugurer “Mur de Rires” au Carrousel du Louvre à Paris, une installation conçue avec l’artiste Nicolas Favreau. “Mur de Rires” est un large mur (18 mètres de long) composé de plus d'une quarantaine d'écrans de dimensions variées, où défilent les portraits d'hommes et de femmes handicapés mentaux en train de (sou)rire. Un projet de longue haleine placé sous le double parrainage de Philippe Pozzo di Borgo (dont la vie a inspiré le film Intouchables,) et de Pascal Duquenne (récompensé avec Daniel Auteuil au Festival de Cannes en 1996 pour son rôle dans Le Huitième Jour), et visible jusqu'au 19 Novembre.

Rodney, l’architecte, développe projet sur projet : de la décoration des boulangeries Baker di Chirico et de bars comme le Container Bar et The Aviary, à la construction de la maison de Brent Knoll ou des magasins Aesop.

Portrait d’un couple qui est la preuve que la créativité et l’amour transcontinental peuvent aller de pair.

L’Australie et la France et vous :

Pourquoi avoir choisi de vivre à Melbourne?

AL/R : Ça semblait naturel et plus facile de commencer à Melbourne. De plus on venait d'entamer notre projet de la maison en carton donc on avait besoin d’espace et Melbourne nous offrait le luxe de l’espace. On a monté un cinéclub et on vivait et travaillait dans cet énorme espace dans la city. Cela nous a donné la confiance de continuer : on pouvait faire, créer sans retenue. On est parti de rien, puis la série a pris forme et on a continué. On a rencontré Aesop à leurs débuts, on a fait leur premier magasin et on a grandi ensemble.

Rodney, pourquoi n’avez-vous pas appris le français ?

R : On a un "deal" avec Anne-Laure, le jour où elle apprend à conduire j’apprendrai le français, mais je le comprends déjà.

Vos premières impressions en arrivant en Australie, en France : ce qui vous a séduit? Ce que vous n’avez pas aimé ?

AL: Très surprise, je m’attendais à quelque chose de plus proche de la nature. L’espace, que l’on puisse avoir une vue à longue portée.

R : J’ai détesté, ce n’est que la 11 ou 12ème fois que j’ai commencé à aimer et à reconnaître la beauté de Paris. Au début je n’ai vu que le stress des gens. Un vrai clash culturel dans la façon de vivre. Il m’a fallu passer derrière ce que la ville me donnait pour decouvrir tous les musées, les collections qui y sont cachées.

Trois mots pour décrire l’Australie, les Australiens / la France et les Français?

AL : Australie : facile ; les Australiens : généreux, avec leur temps, l’espace et le côté épicurien, ils n’arrêtent pas de manger et de prendre des cafés. Incroyable, cette culture du café, la qualité de la nourriture et enfin : vaste, géographiquement mais aussi dans la pluralité de la culture australienne et des hommes qui la font. La disparité fondamentale des cultures entre Perth et Sydney par exemple.

R : Les Français : intolérables. Les trois mots : "ce n’est pas possible". La première réaction des Français surtout dans mon travail, c’est avant tout : ce n’est pas possible.

Qu’est ce qui vous manque le plus de la France? Ou plutôt la France vous manque-t-elle ?

R /AL: Le Grizzli (un cafe et sa petite terrasse), le champagne -on en boit tout le temps. La famille.

Ou retrouvez vous la France à Melbourne ?

Au Victoria Market

 

Melbourne et vous :

Un quartier de prédilection dans Melbourne ?

La city, on y vit et on est à deux minutes du Fitzroy Garden, un des plus beaux parcs de Melbourne. Et on sort en un rien de temps de Melbourne.

Une journée idéale à Melbourne ?

Aller à Sorrento déjeuner sur la page et faire un barbie le soir.

Un monument ou un lieu préféré ? Pourquoi ?

Le dôme de Mission to Seafarers, le club pour les marins en mer et leurs familles créé en 1857. C’est un bâtiment atypique et placé dans une poche de Melbourne (717 Flinders Street).

Votre bar ou restaurant favori ? Pourquoi ?

Lupino dans la city, c’est notre cantine : facile, sans prétention, et un très bon italien. Mais aussi le grubfoodvan à Fitzroy.

Propos recueillis par Sophie Short (www.lepetitjournal.com/melbourne.html) vendredi 16 novembre 2012

Pour plus d’informations, cliquez sur March Studio.


 
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