La récente visite à Melbourne d'André Ferrand, Sénateur UMP des Français à l'étranger, d'Éric Berti, Consul général et de John Mac Coll, Conseiller des Français à l'étranger, a permis de faire le point sur la situation de l’Ecole française de Melbourne, annoncer l'arrivée de la "valise passeport”, ainsi que d'aborder d'autres questions importantes pour la communauté française du Victoria. Retour sur la rencontre

 

Lepetitjournal.com/Melbourne – Quelles sont les raisons de votre visite ?
André Ferrand –
D’abord de rendre visite à nos communautés -je suis allé pour la première fois à Perth et à Adélaïde, mais aussi de participer à l’enjeu exceptionnel de l’éducation française à l’étranger. Quand j'ai commencé à visiter nos communautés à l’étranger je me suis rendu compte qu’il y avait une très grande demande d’enseignement français, pas du français mais de l’enseignement français. Ce qui est notamment nécessaire pour soutenir notre présence économique à l’étranger. L’enseignement français dans le monde va bien, on compte de 4 à 5.000 élèves supplémentaires par an. A peu près 300.000 élèves au total, pas loin de 500 écoles et dont 60% des élèves ne sont pas français. Ces enfants représentent des relais potentiels pour notre industrie, nos services. Mais compte tenu des contraintes budgétaires de l’Etat les écoles doivent s’autofinancer, tout en étant soutenues par les institutions françaises. Je ressens toujours une forte motivation des leaders ici à Melbourne pour mettre en place une école biculturelle et bilingue.

John Mc Coll : En effet après avoir reçu l’homologation pour l’Ecole française de Melbourne avec l’aide du Sénateur Ferrand, nous passons à une phase de développement et aussi de changement de nature, vers une accréditation australienne comme française ce qui est important. L’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), (NDLR: John Mc Coll est Président de la Commission des Affaires culturelles, de l’Enseignement et de l’Audiovisuel de l'AFE) est aussi en train de s'ouvrir à une forme d’éducation biculturelle et bilingue. Les projets de  Melbourne et de Perth sont en phase avec cette évolution. Il y a l’opportunité d’une expérience à Melbourne qui va marcher.

Monsieur le Consul, bienvenue à Melbourne. Vous êtes en poste depuis août, quelles ont été vos principales préoccupations depuis votre arrivée à Sydney ?
A.F : Ma première préoccupation a été de rencontrer mes compatriotes et de prendre la mesure de la taille du continent. Notamment en vue de l’arrivée de la fameuse "valise passeport" qui est maintenant dans le pays. Elle est en ce moment en période de test jusqu’à la fin de l’année mais elle devrait être opérationnelle en 2013. Nous mettrons d’ailleurs en place des tournées consulaires régulières pour que les ressortissants français puissent programmer leur renouvellement de passeport. Cette valise permet de prendre les empreintes biométriques. Les données sont alors transmises en France et le passeport est traité immédiatement. Jusqu'à présent on ne pouvait le faire qu’à Sydney à cause de cette transmission ultra protégée qui doit être assurée. Ce niveau de protection est du même ordre que les fax cryptés entre les ambassades et Paris.

Ma deuxième préoccupation a été le dossier "école", qui est déjà suivi par Canberra. Je me suis aussi assuré que les rapports soient productifs entre les différentes associations françaises -Alliance française, Chambre de commerce et Agence consulaire, pour encourager les nouvelles structures qui se créent : la Chambre de commerce de Perth, "Brisbane accueil". Je rencontre les sociétés de bienfaisance qui font un travail considérable et bien souvent dans l’ombre. J’en profite pour visiter les compatriotes détenus et m’assurer que leur procès se prépare au mieux. Mon travail est avant tout consulaire mais je fais en sorte que le réseau français au sens large travaille au mieux et dans les meilleurs termes avec les autorités locales.

Ce qui me tient à cœur est aussi d’assurer le devoir de mémoire, notamment avec le centenaire du début de la première guerre mondiale l’année prochaine. Cette année j’ai tenu à ce que l’on rende hommage aux Français d’Australie morts pour la France en mettant une plaque au consulat de Sydney. C’est important de s’approprier cette mémoire, l’histoire de ces Français, de ces familles. Mettre en place un travail de reconstitution de l’histoire de ces personnes qui sont mortes sous deux drapeaux et qui ont beaucoup fait pour renforcer les liens entre les deux pays.

Messieurs, avez vous un message pour vos compatriotes victoriens ?
AF:
En ce qui concerne le projet d’école, bien que les choses ne soient pas simples, j’ai une grande confiance en l’équipe qui mène le projet. Personnellement, et avec John, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour aider auprès de l’AEFE à Paris afin qu’ils en fassent encore plus en faveur du projet. Nous faisons partie de l’équipe qui travaille à ce projet et aiderons au mieux à la mise en place d’une véritable école bilingue et biculturelle à Melbourne. C'est un message d’optimisme et de réalisme aussi.

En ce qui concerne l’économie, 200 des 600 entreprises de la Facci sont victoriennes donc Melbourne est un appui important pour améliorer la position économique française et faire venir de nouvelles entreprises. Ma recommandation aux grandes entreprises est de faire venir des sous-traitants français. Les Allemands savent le faire, les Français doivent pouvoir trouver le moyen de le faire.

JMC: Nous sommes bien conscients de l’interaction entre le chapitre économique et celui du projet éducatif. Il y a un intérêt de la France en ce qui concerne sa présence et son influence, ce que nous cherchons à développer en Australie.

EB: Nous souhaitons que les compatriotes français du Victoria se sentent complètement intégrés dans la communauté française et nous viendrons autant que possible, aussi souvent que nécessaire, pour répondre aux attentes de nos compatriotes ici. Je voudrais terminer en saluant le dynamisme de la communauté française du Victoria.


Propos recueillis par Sophie Short (www.lepetitjournal.com/melbourne) mercredi 14 novembre 2012

 
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