Aubry Mennesson est sans doute le Français le plus célèbre en Malaisie. Après un mariage d’amour avec Zatashah, la princesse du Sultanat du Selangor, il s’est retrouvé du jour au lendemain à la cour malaisienne. Entrepreneur et aventurier, Aubry a raconté son histoire au Petitjournal.com

 

Une rencontre  inattendue
Avant de rencontrer la princesse Zatashah, la vie d’Aubry Mennesson n’était déjà pas tout à fait banale. Agé d’une vingtaine d’années, il est l’assistant du réalisateur sur un documentaire retraçant la vie de l’icône Mesrine. "Cela a nécessité près de 9 mois d’enquêtes. J’ai passé mon temps entre ses copines, ses complices et les polices qui le traquaient". Ce n’est que plus tard que ce passionné comprend que c’est la production qui lui plait ! "C’est le nerf de la guerre. On a les mains dans le cambouis et la part éditoriale est bien plus importante qu’on ne le pense".  Parisien trentenaire, décrit comme "bobo", il devient producteur de documentaires : "Je faisais souvent le grand écart entre les sujets". Le Français se souvient ainsi avoir suivi Bixente Lizarazu en fin de carrière: "Qu'est ce qui se passe dans la tête d’un sportif qui part à la retraite?". Une vie mouvementée qui allait bientôt être encore davantage chamboulée.

Nous sommes en 2005 et un ami de Tanzanie lui demande de sortir Zatashah, une Malaisienne nouvelle dans la capitale. Il propose à Aubry de montrer à la jeune femme le Paris des Parisiens. "J’avais beaucoup voyagé mais jamais en Malaisie. Un an, plus tard, je tombais amoureux du pays et… d’une princesse".  Les premiers mois, Zatashah, ne dévoile pas son identité et raconte qu’elle est une banale "fille de diplomate". Elle est simple, humble. Comment deviner ? D’ailleurs, personne ne sait rien chez L’Oréal où elle travaille. La princesse a envie de se frotter au monde du travail, sans traitement de faveur. C’est après quelques mois, en tombant sur une invitation royale qu’Aubry découvre la véritable ascendance de sa petite amie. Pourtant, ce n’est qu’à la descente de l’avion lors de son premier voyage en Malaisie, qu’il réalise l’implication de sortir avec la princesse de la famille royale la plus puissante du pays. Ce n’est pas tous les jours que les douaniers se prosternent sur son passage !

Converti à l’Islam et marié chez le Sultan
Deux ans plus tard, Aubry et Zatashah se marient. Vient alors la question épineuse de la religion ! Aubry parle d’une conversion à l’islam par amour. La position de la princesse et de son père le sultan, le demandaient. "C’est compliqué de trouver l’amour de sa vie. Je n’allais pas laisser la religion se mettre en travers de ma route". Le Français raconte s’être converti à la mosquée du 5e arrondissement de Paris avec cette chance de se voir enseigner l’islam par Dalil Boubakeur. Il décrit celui qui fut longtemps président du Conseil français du culte musulman comme quelqu’un de très modéré.  "Je n’étais déjà pas un catholique hystérique, alors je ne risquais pas non plus d’être extrême dans mon attachement à la religion musulmane". La princesse et le Français se marient à la mosquée de Paris en 2008 avant qu’une cérémonie grandiose ne se déroule en Malaisie. Pour l’occasion, 500 invités de marque sont invités dans le décor somptueux de la résidence du Sultan. "Ma famille et mes amis étaient un peu hallucinés. Même si je suis un habitué des grands écarts avec mes documentaires. Le petit Français aux yeux bleus qui se convertit, ça en a choqué plus d’un". Les Malaisiens aussi visiblement. Dans la rue, ils n’hésitent pas encore à lui lancer : "Tu devrais aller voir un docteur, comment as-tu pu quitter Paris pour la Malaisie ?".  Aubry raconte qu’être musulman a beaucoup facilité son intégration au Palais où la majorité des cérémonies sont en lien avec de religion.

Un Français au Palais
Pas facile d’être le premier blanc à être admis au sein de la cour royale malaisienne! Même si le Français se souvient avoir été bien accueilli, sa femme a dû le guider scrupuleusement à travers les protocoles. Il évoque la barrière de la langue. Même en apprenant le Bahasa Malaysia, l’aventurier n’a pas accès à la langue de cour, pleine de subtilités. Heureusement, Aubry a sa tactique bien à lui : "Au début, j’ai beaucoup observé. Comme un réalisateur ! ". Tous ses amis sont aujourd’hui locaux. Le Français raconte que le plus difficile dans ce grand changement culturel auquel il est parvenu, c’est encore l’humour. "Les Malaisiens peuvent être parfois heurtés par le cynisme français. La vanne peut être incomprise et mal reçue. Ça m’a pris beaucoup de temps avant d’être moi-même sans faire de faux pas ". Il trouve cependant les Malaisiens très accueillants. Leur aisance à manier l’anglais a souvent facilité les choses.

D’ailleurs, Aubry raconte que la famille royale l’a très bien accepté. Il faut dire que sa femme n’était pas tout à fait une Malaisienne comme les autres. Ayant grandi à Londres, elle a aussi vécu à Paris, à New York ou encore Barcelone. L’entrepreneur se souvient : "Pour Zatashah, cela a toujours été une évidence qu’elle ramènerait un étranger. Son parcours est à la fois unique et classique pour une princesse malaisienne. Elle aurait dû revenir après l’université. Mais, Zatashah, avait dans l’idée d’être indépendante financièrement et de travailler. Ce qui est étonnant c’est qu’aujourd’hui, on aurait plutôt tendance tous les deux à revenir vers la tradition."

Des Français en Malaisie, au final, le couple n’en connait pas tant que ça. Aubry, un peu par la chambre de commerce,  Zatashah par l’Alliance Française dont elle préside le comité directeur. "Finalement, la nationalité n’a pas grande importance. Tout le monde se retrouve à la même table en Malaisie ! J’ai des amis de tous les âges, à la cour ou non ".

 

Une vie presque comme les autres
Sont-ils reconnus dans la rue ? Pas forcément. La princesse et le Français ont fait le choix de vivre le plus simplement possible. Les Malaisiens les interpellent parfois dans la rue mais les laissent globalement tranquilles. Aubry s’en amuse : "Ils nous disent qu’on est plus petits qu’en photo. Sympas !" . Il n’y a pas de "star system" en Malaisie et pas non plus de presse people. Ces particularités leur offrent la possibilité de vivre comme tout le monde. "Nous avons essayé de garder notre vie comme elle l’était à Paris. Le côté anonyme en moins", explique Aubry.  "Nous essayons vraiment d’être en contact avec la réalité. Nous n’avons pas 12 domestiques, encore moins de gardes du corps ". Pourtant pas de doute là-dessus, il est bien le mari de la fille du Sultan le plus puissant de Malaisie. Le Français doit au quotidien assurer un rôle de représentation aux côtés de Zatashah. Ensemble, ils baptisent des bateaux ou encore ouvrent des bibliothèques.

 

Des projets pleins la tête
En dehors de ses obligations royales, Aubry a accompli beaucoup de choses depuis son mariage avec Zatashah.

Le Blog : En 2008, il lance un blog avec un titre humoristique: "La grenouille et la princesse". Très vite, le succès est au rendez-vous. Si le couple est reconnu aujourd’hui dans la rue, c’est principalement par ce blog. Le Français explique "Nous avons commencé à Paris pour les amis et la famille. Aujourd’hui, le blog accueille près de 30.000 visiteurs uniques par mois ! Et encore, j’écris rarement dessus".

Le Livre : Fin 2010, Aubry publie son premier livre, Ma princesse, le sultan et moi. Il raconte qu’un éditeur l’a approché pour publier un récit positif dans un monde en crise. L’apprenti-écrivain se veut humble pour ce premier essai : "Mon livre est sans prétention. Il est accessible à tous. Je voulais que les Français  puissent découvrir la Malaisie. On m’a laissé assez libre. Au final, l’expérience s’est révélée marrante. Je crois que j’aime écrire".

Originalo : Petit à petit, Zatashah et Aubry se sont découverts l’envie de travailler ensemble. "Elle était toujours de bons conseils. Je m’impliquais dans sa vie professionnelle et réciproquement". Avec leur passion du voyage, l'entreprise Orignalo est née assez naturellement il y a deux ans en Malaisie. En France, tout le monde connait le concept des coffrets cadeaux mais pour les Malaisiens, l’idée relevait de l’étrange. "Les partenaires comprenaient, les clients beaucoup moins".En comptant sur l'addiction des Malaisiens à Facebook, le couple a lancé une grande campagne sur internet qui commence à porter ses fruits.

Light cibles : La vie professionnelle d’Aubry s’arrêterait-elle là ? Pas encore. A 80% de son temps, Aubry est directeur de Light cibles en Malaisie, une entreprise spécialisée dans la conception et la réalisation d'éclairages.  Cette compagnie originale qui existe depuis 30 ans, s’est par exemple occupée du mont Saint Michel. Après un plan directeur à Singapour, Light cibles se consacre depuis janvier à la Malaisie où Aubry a créé un  bureau. A Kuala Lumpur, il s’agira de s’occuper dans chaque rue, de régler l’intensité et la hauteur des lumières tout en faisant attention à la dimension écologique. Le rôle de Light cibles est primordiale puisque l’être humain passe plus d’un tiers de sa vie dans l’obscurité. "La construction est très bon marché en Malaisie mais les locaux doivent encore monter en gamme pour concurrencer Singapour ". Il se veut franc dans l’influence du palais dans son travail : "C’est sûr que ça ouvre des portes d’être marié à la princesse. Par contre, pour ce qui est de ce qui se passe après la porte, c’est à mon tour de convaincre".

Tombé amoureux de la princesse en même temps que de sa nation, l’entrepreneur croit désormais dur comme fer en son pays d’accueil : "La Malaisie va exploser !". L’histoire d’ Aubry et Zatashah est un conte de fées des temps modernes. Ici, le prince et la princesse travaillent avec du cœur à l’ouvrage et ont l’humilité des gens du peuple. Seule, reste une part de rêve pour les lecteurs qui se précipitent chaque mois sur leur blog. Aubry résume le côté extraordinaire de sa nouvelle vie en quelques mots :"Avant, je réalisais des documentaires, maintenant, je vis dans un documentaire".

Marion Le Texier (www.lepetitjournal.com/kuala-lumpur.html) Mercredi 10 Juillet 2013
 
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