Fanny nous conte les tribulations d'une Française à Buenos Aires : des aventures sucrées et épicées d'une Gersoise en Argentine. Aujourd'hui : le bruit et les odeurs.

Jamais je n'avais autant identifié une ville à ses bruits, ses sons, sa musique et ses odeurs que Buenos Aires.

Le bruit
Buenos Aires est l'une des capitales les plus bruyantes au monde paraît-il. Le centre est envahi de taxis jaunes et noirs tel un New York européo-latino. Alors que le réseau de métro est peu développé, les collectivos, eux, quadrillent la ville jour et nuit. Quelque soit l´endroit de la capitale on peut écouter le collectivo dévaler sans limitation de vitesse avenues et ruelles. Vivre dans une rue où ne passe pas le collectivo est devenu un gage de tranquillité sonore. Visuellement, les collectivos se distinguent selon la ligne et la compagnie privée qui les exploite. Certains, les plus drôles, sont customisés avec couleurs et dégradés bleutés sur le pare-brise, la radio et la musique au goût du chauffeur, le chapelet pendant au rétroviseur et la photo des enfants ou de la novia du chauffeur... En d´autres termes, à chaque trajet, un univers différent attend le voyageur.

Les voitures peuvent être modernes ou d'une autre époque. Un tiers ne passerait probablement pas le contrôle technique mais roulent pourtant… avec le bruit correspondant. Beaucoup moins de voitures circulent dans le centre en comparaison aux capitales européennes. Situation économique oblige, si nous sommes loin d'une voiture par famille, collectivo et métro priment.

On peut entendre au hasard d´une rue, la musique typique d´Argentine, le tango. Quelques notes, un air, une chanson, qui s'échappent d'un attrape-touristes, d'un magasin de disques, d'une fenêtre, d'une boutique, d'un taxi, d´un bar, d´une milonga ou d´une école de danse.
Au bureau pendant la journée j'écoute Andrès Calamaro, los Rodriguez, los Fabulosos Cadillacs, du folklore argentin, Mercedes Sosa, Mana, tous les tubes latinos du moment ou les classiques, Chichi Peralta, un peu de salsa, de merengue, bachata... C'est comme si je faisais une sélection de ma musique préférée, sauf qu'elle passe à la radio !

L'autre bruit typique de Buenos Aires est l´enthousiasme provoqué par les matches de foot télévisuels dominicaux. Cris, hurlements, explosions de joie - ou de colère-, insultes… aux joueurs, entraîneurs, arbitres et supporters de l'équipe adverse. C'est le fond sonore habituel d'un dimanche calme passé à la maison les fenêtres ouvertes...

Et les odeurs ? Quelles odeurs ?
L'odeur des braises ardentes, de la grillade dès 10h du matin et celle du filet de fumée provenant des restaurants du quartier qui me chatouille les narines au bureau et me permettent de calculer l´heure de la pause déjeuner. Les Argentins qui peuvent dépenser 40 pesos en profiteront pour commander une bonne viande à midi cuite au feu de bois. C'est l'asado, la parilla, la parillada, bref, tout le vocabulaire de cuisson de barbecue que l'on apprend ici en arrivant. C'est le plat de prédilection,  incontournable pour un dimanche en famille, une soirée entre amis, improvisé à toute heure, en hiver ou en été. Certains installent même les braises par terre dans la rue. Ici les braises sont aussi facile à acheter qu'une bouteille d'eau. L'odeur des braises est dans toute la ville. Dans les restaurants en semaine, dans les jardins et terrasses les week-ends... et dans ma mémoire olfactive pour toujours.
Fanny D. (www.lepetitjournal.com/buenos-aires.html) mercredi 7 novembre 2012

Fanny est aussi auteure de Destino Buenos Aires.
(Re)-Découvrez ses précédentes chroniques :

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