Certaines activités de la vie quotidienne peuvent relever du parcours du combattant ... Patience et longueur de temps pour décrocher (peut être) un téléphone en Argentine

J’ai déménagé il y a six semaines. L’appartement où j’habitais était sympa et grand, j’en ai simplement eu marre des coups de peintures pour cacher la moisissure des murs de la chambre et de me prendre les 12.000 décibels des collectivos dans les oreilles lorsque j’étais dans le salon.

Alors j’ai visité un meublé à San Telmo, dans un endroit calme et sans trace d’humidité. Tout semble prévu dans l’appartement : de la télévision à la statue de la vierge installée dans une petite niche, en passant par la poterie dorée et ornée de petits anges à trompettes. Je vais pouvoir regarder River, Boca et compagnie sous protection divine, que demander de plus ? Je prends donc l’appartement.

Quelques heures après avoir emménagé, je me dis que j’aurais quand même bien fait de demander s’il y avait le téléphone : seuls des câbles effilochés semblent constituer les vestiges d’une installation téléphonique datant probablement du pré-Kirchner.

Les renseignements pris auprès de la propriétaire confirment mes soupçons : il y a bien eu une ligne téléphonique mais elle a été coupée il y a au moins une douzaine d’années. Elle est néanmoins d’accord pour que je fasse installer le téléphone, à mes frais évidemment.

J’envisage alors avec joie la possibilité qui m’est offerte de pratiquer mon espagnol avec les employés de Telefonica. Et je vais être comblé au-delà de mes espérances !

Je commence donc par me rendre au "locutorio" du coin où l’on m’attribue un téléphone rose fluo collé à une tablette qui menace de s’effondrer au prochain raccrochage. J’appelle le service commercial de Telefonica qui m’apprend qu’à défaut d’avoir un numéro de DNI (carte d’identité argentine), je dois me rendre avec mon passeport dans l’un de leurs bureaux pour demander l’ouverture d’une ligne.

Ça tombe bien : il fait beau et une marche de trente minutes pour aller dans le Microcentro me fera du bien !

J’arrive audit bureau, fais la queue à l’accueil et explique ma situation. On me donne un ticket pour faire la queue au service compétent pour l’ouverture d’une ligne téléphonique. Cinq minutes plus tard, je réexplique mon cas à un employé de Telefonica qui, non sans avoir préalablement essayé de me vendre le service téléphonique le plus cher, un abonnement à internet et un téléphone, finit par me demander un document d’identité pour traiter ma demande. À la vue de mon passeport, il se montre hésitant et demande à son supérieur s’il peut enregistrer un numéro de passeport pour une ouverture de ligne. Dix minutes plus tard il revient avec une bonne nouvelle : ma demande peut être prise en compte et Telefonica m’appellera sur mon portable sous 72 heures pour qu’un technicien ouvre la ligne.

Je repars rassuré vers mon nouvel appartement qui aura bientôt le téléphone, du moins c’est ce que je crois.

Trois jours plus tard, une opératrice de Telefonica m’appelle pour me dire que l’on m’appellera sous 72 heures pour fixer un rendez-vous d’installation. Décidément, ils aiment bien les délais de 72 heures chez Telefonica.

Je me tiens donc sur mes gardes durant les 72 heures suivantes et guette l’appel tant attendu. Celui-ci arrivera quatre jours plus tard, un vendredi, vers 18 heures. Une opératrice m’annonce à nouveau qu’un technicien va me contacter sous 72 heures pour convenir d’un rendez-vous d’installation. Je commence à avoir l’impression d’être dans un film d’espionnage et de recevoir des coups de fil mystérieux me fixant un rendez-vous clandestin. Mon contact viendra-t-il ? Existe-t-il vraiment ?

Je garde mon sang froid et patiente encore quelques jours pour recevoir le coup de fil tant attendu. Le technicien de Telefonica existe bel et bien et viendra le mardi suivant entre 9 et 11 heures.

Il arrivera bien le mardi mais à 12 h 30. Peu importe, après l’avoir attendu comme le messie, ce genre de détail n'a que peu d'importance. À moins que… si, ce genre de détail a de l’importance ! Pour installer la ligne il m’explique qu’il doit monter sur la terrasse de l’immeuble. Celle-ci n’est accessible que par une porte dont seule la concierge de l’immeuble détient la clé. Le problème est que selon le règlement de l’immeuble cette porte ne peut être ouverte que jusqu’à midi. La concierge étant de mauvais poil ce jour-là, le technicien est reparti sans pouvoir rien faire et mes démarches des dernières semaines se sont vues réduites à néant.

Je vais donc devoir recommencer les démarches et mettre à profit deux choses qu'il vaut mieux apprendre à Buenos Aires : l’espagnol et la patience.

Pierre-Olivier Vilain (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires)mercredi 24 octobre 2012

 
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