PROSTITUTION – Les maisons closes en Allemagne, un business comme un autre (2ème volet)



A Dortmund, Bornstraße est la rue connue en terme de prostitution. Rencontre avec Christian, manager de la maison close "das Laufhaus - Escort" depuis quatre ans

 

"Das Laufhaus – Escort"  est une sorte d’hôtel qui facture à la demi-heure ou à l’heure (Photo : E.G)

 A cinq minutes du centre-ville en métro, c’est à la station Glückaufstraße qu’il faut s’arrêter pour trouver la maison close. Sur Juliustraße, perpendiculaire à la fameuse Bornstraße, "das Laufhaus – Escort" ne passe pas inaperçue. L’entrée, éclairée par une enseigne de néons bleus et un couloir rose est immanquable. "Cette maison appartient à ma femme qui est aussi designer d’intérieur, raconte Christian, en fait c’est dans la famille depuis dix-sept ans". Le lieu se partage en deux temps, sur trois étages. Tout d’abord un bar, semblable à n’importe quel autre. Des tables hautes ou basses avec des fauteuils et des flippers. Ensuite il y a les chambres, au premier et au troisième étage. Entre les deux, la maison propose une salle à louer pour des anniversaires ou d’autres événements. "C'est le client qui paie la chambre, généralement pour une demi-heure ou une heure. Les filles ont leurs propres tarifs pour leurs prestations sexuelles, mais pour louer une chambre, la maison a fixé un prix de 15 euros la demi-heure à 20 euros l’heure, explique le manager. Ils vont en haut, font ce qu’ils ont à faire, ensuite ils partent ".

La maison contient neuf chambres avec sanitaires à l’intérieur ou à l’extérieur (Photo : E.G)

Des règles d’hygiène strictes
" Il y a 44 à 55 filles qui viennent ici tout les jours et beaucoup plus en été, poursuit Christian. Ici la drogue est interdite. On prévient une fois, deux fois, puis c’est terminé. Lorsque le client et la prostituée louent une chambre, ils ont des draps propres. Les filles ont des préservatifs sur elles, mais on en vend aussi au bar, ajoute t-il. Avant de quitter la chambre, ils doivent prendre un peu de leur temps pour laisser un endroit correct. Pas de préservatifs par terre, les draps qu’ils ont utilisés doivent êtres déposés dans un bac à linge sale. C’est la maison qui s’occupe de tout le reste concernant la propreté ". Question sécurité, dans la maison rien de spécifique n’a été prévu. Christian assure qu’il n’y a "jamais de problème à part dans la rue". "Certaines d’entre elles ne vont dans la maison que pour rester au chaud, au bar. Mais c’est dans la rue qu’elles trouvent leurs clients. Seules les majeures peuvent venir, déclare t-il, on vérifie leur âge si elles sont nouvelles et qu’on a un doute".

Beaucoup de Roumaines et de Bulgares
" Je ne les connais pas toutes, avoue Christian, car il y en a toujours des nouvelles et elles changent souvent d’endroit. Je ne connais que celles qui viennent tout les jours. Il y a beaucoup de Roumaines et de Bulgares et le problème est qu’elles parlent très peu ou pas allemand, ce n’est donc pas toujours facile de discuter avec elles ". En ce qui concerne le proxénétisme, bien qu'en principe les prostituées soient des travailleuses indépendantes, Christian ne se fait pas d’illusions. "Je vois bien les choses dehors, confie t-il. Il y a parfois des hommes qui sont à côté d’elles et j’en vois certaines amener de l’argent à d’autres à côté du métro. Je les vois attendre les filles, prendre leur argent. Je ne crois pas que ces filles soient heureuses, beaucoup doivent de l’argent et je pense que la plupart ne sont pas fières de ce qu’elles font, avoue t-il, mais j’aime bien travailler ici. A côté je travaille aussi dans la boutique de design de ma femme. Ce qui me dérange, c’est que les gens nous voient comme des criminels avec de grosses voitures et des gros bijoux. Je n’ai rien de tout ça. Ici on travaille de manière à pouvoir se regarder dans le miroir le lendemain matin".

E.G (www.lepetitjournal.com/cologne) Mercredi 16 mars 2011

Pour relire notre 1er volet sur la prostitution : PROSTITUTION - Sous contrôle en Allemagne ? (1er volet)



 
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